La BCE sous la pression des autres banques centrales

Journaliste

Partout dans le monde, des banques centrales durcissent leur politique monétaire pour contrer la hausse de l'inflation. La BCE, elle, doit rester très accommodante pour aider les pays les plus fragiles de la zone euro. Le risque est que l'euro en souffre, ce qui soutiendrait encore plus l'inflation.

La Banque centrale européenne (BCE) devra-t-elle réduire son soutien à l'économie de la zone euro plus tôt que prévu? Les politiques monétaires d'autres banques centrales, dont celle de la Réserve fédérale (Fed) qui sera dévoilée ce mercredi, pourraient bien influencer l'institution gardienne de l'euro.

Pour l'instant, la BCE martèle qu'elle doit continuer à alimenter les marchés en argent frais, sans quoi son objectif d'inflation de 2% risque d'être manqué, à terme. Le scénario attendu reste donc un ralentissement de l'inflation à partir de l'année prochaine. Mais sur les marchés, les investisseurs sont nerveux. Ils craignent que la hausse des prix soit plus persistante que prévu. Ils anticipent déjà une première hausse du taux de la facilité de dépôt de la BCE en 2022.

Si les investisseurs ne sont pas vraiment convaincus par les anticipations de la BCE, c'est peut-être parce que d'autres banques centrales voient les choses différemment.

Ça ne correspond pas du tout avec les indications que la banque centrale donne aux marchés pour l'avenir. L'institut monétaire répète à l'envi qu'il ne modifiera pas ses taux directeurs tant que l'inflation ne sera pas stabilisée durablement à 2%. Si les investisseurs ne sont pas vraiment convaincus, c'est peut-être parce que d'autres banques centrales voient les choses différemment.

Mardi, la banque centrale australienne a durci sa politique monétaire. Ce mercredi, la Fed, la banque centrale des États-Unis, devrait l'imiter. Jeudi, la Banque d'Angleterre pourrait relever ses taux directeurs pour la première fois en trois ans. Autrement dit, face à une inflation qui accélère plus vite qu'anticipé, tous ces banquiers centraux haussent le ton.

La BCE ne suit pas ce courant parce qu'elle doit maintenir des conditions de financement favorables pour les États européens. En effet, à cause du manque d'intégration de la zone euro, les pays les plus fragiles sur le plan budgétaire risquent d'être pénalisés en l'absence d'un soutien de la Banque centrale européenne.

Mais si la BCE maintient une politique monétaire trop souple, elle risque de pénaliser l'euro parce que les capitaux ont tendance à s'orienter vers des cieux où il existe de meilleures perspectives d'avoir des taux d'intérêt plus rémunérateurs. Si l'euro diminue, notamment face au dollar, il faudra payer (encore) plus cher pour importer, entre autres, des matières premières. L'inflation deviendrait alors plus persistante et la BCE serait forcée d'intervenir avec retard. Les banquiers centraux de la zone euro ne veulent pas de ce scénario-là. C'est pourquoi ils suivront de très près les décisions des autres banques centrales, avec sans doute une pointe d'inquiétude.

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