La Belgique attire les investisseurs étrangers, tant mieux!

Rédacteur en chef adjoint

En pleine pandémie, la Belgique continue à enregistrer des levées de fonds record pour ses entreprises. Le fait que des investisseurs étrangers prennent pied dans nos centres de décision ne doit pas nous inquiéter, au contraire.

Un demi-milliard d’euros. C’est le montant des fonds levés par nos entreprises de croissance depuis le début de l’année. Une bravade financière au milieu de la dépression économique ambiante: ce montant équivaut à celui enregistré l’année passée. De quoi aussi sentir que la Belgique entrepreneuriale reprendra de plus belle une fois que la crise sanitaire aura desserré ses crocs.

La dernière levée de fonds est toute fraîche. C’est celle, cette semaine, de Cohabs, le spécialiste bruxellois de la cohabitation branchée. Et, cocorico, les investisseurs qui ont contribué à l’enveloppe de 58 millions d’euros sont tous belges. Voire en grosse partie francophones. C’est dire que le tissu d’investisseurs dans notre pays s’est épaissi ces dernières années, au sud également.

Doit-on redouter cette montée en puissance des investisseurs étrangers, avec le risque d’une reprise en main totale et d’un exode de nos meilleurs éléments? Non.

Les esprits chagrins diront que Cohabs est l’exception qui confirme la règle: la plupart des portefeuilles impliqués sont étrangers, surtout américains. Doit-on s’en inquiéter pour autant? Doit-on redouter cette montée en puissance, avec le risque d’une reprise en main totale et d’un exode de nos meilleurs éléments? Non. Même si la vigilance reste de mise, surtout pour les activités stratégiques.

D’abord, ce bouillonnement financier montre que notre pays offre au monde un paysage attrayant d’innovations. Ce qui permet aujourd’hui d’attirer chez nous des investisseurs américains de la trempe de Redpoint Ventures, actionnaire de Netflix, Just Eat et Snowflake. Notons aussi l’arrivée en février dernier du géant américain Pfizer parmi les nouveaux actionnaires de la biotech Imcyse. Et n’oublions pas le gros coup, l’année passée, du fabricant de vélos électriques Cowboy qui a accueilli dans ses rangs la famille Agnelli (Ferrari). Excusez du peu.

Pour le coup, les autorités ont montré une belle agilité, via leurs invests publics: elles ont su intelligemment soutenir et s’insérer dans ces belles aventures.

Ensuite, on le voit de plus en plus, nos entrepreneurs n’ont plus à se faire taxer de "traître à la patrie" lorsqu’ils revendent leur part. Le champion des données Riaktr, malgré son rachat par le suédois Seamless cette semaine, restera bel et bien ancré à Bruxelles. L’entreprise est trop enracinée dans son écosystème pour être délocalisée. C’est le constat qu’a également fait le groupe pharmaceutique américain Catalent. Après avoir gobé coup sur coup trois de nos pépites biotechnologiques (MaSTherCell, Bone Therapeutics et Delphi Genetics), il a continué, cette semaine encore, à investir dans le BioPark de Gosselies, confirmant ainsi son intention d’en faire son centre européen.

Morale de l’histoire: innovation et écosystème sont les deux garants fondamentaux pour développer et garder l’activité économique en Belgique. Pour le coup, les autorités ont montré une belle agilité, via leurs invests publics: elles ont su intelligemment soutenir et s’insérer dans ces belles aventures.

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