La Belgique, cette laissée-pour-compte de Carrefour

La situation chez Carrefour s'est dégradée ces derniers mois. Le groupe supprime 1.233 emplois dans le plat pays.

Avouons-le, pas grand-monde, sans doute, n’a vu venir l’ampleur de la restructuration annoncée jeudi chez Carrefour Belgique. Certes, La croissance était atone et la concurrence des rois du discount de plus en plus pesante. De là à annoncer la possible suppression de 1.233 emplois, il y a un pas que personne n’aurait osé franchir. 1.233 postes de travail, c’est plus de 10% du personnel en Belgique. Un job sur dix! C’est aussi colossal par rapport à l’impact social en France du plan stratégique annoncé deux jours plus tôt par le nouveau CEO du groupe Alexandre Bompard: 2.400 emplois sur un effectif de 115.000 salariés, soit à peine un peu plus de 2% du personnel hexagonal.

On a l’impression que le plat pays paie les pots cassés d’un manque de vision stratégique du pléthorique siège parisien de Carrefour.
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Et pourtant, la Belgique a déjà beaucoup donné en termes de restructuration. Après celles de 2007 et de 2010, c’est déjà la troisième depuis que le groupe est entré au capital de l’ex-GB il y a tout juste vingt ans. Au total, plus de 3.000 emplois ont disparu depuis que l’aventure belge a commencé pour Carrefour. On a l’impression que le plat pays paie les pots cassés d’un manque de vision stratégique du pléthorique siège parisien de Carrefour, englué dans son vieux modèle d’hypermarché qui apparaît bien dépassé à l’heure des grandes enseignes spécialisées, du raz-de-marée du commerce électronique et du désir des ménages de consommer autrement.

Depuis vingt ans que Carrefour est présent en Belgique, on a aussi le sentiment que l’histoire se répète. La Belgique est une de ses principales filiales, mais le groupe persiste à y nommer des managers français qui ne font que passer (6 patrons en 18 ans!). On ne veut pas faire ici de nationalisme à deux sous, mais est-ce la meilleure manière de s’imprégner de la réalité d’un marché local – a fortiori dans un pays compliqué comme la Belgique avec deux cultures différentes et des champions nationaux (Colruyt et, si peut-on encore l’appeler ainsi, Delhaize) dans un métier, celui d’épicier, dont la proximité est la règle d’or ? 

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