La Belgique et les maux qui la minent

Réjouissons-nous. Selon un rapport de Ernst & Young consacré aux prévisions économiques dans la zone euro, la Belgique fait mieux que se défendre. Dans l’Europe à deux vitesses pointée par l’étude, notre pays est clairement répertorié parmi ceux qui se redresseront le plus rapidement, aux côtés de ses voisins du pacte de stabilité.

Est-ce à dire que tout va pour le mieux dans notre bon royaume ? Ou serions-nous simplement plus inventifs que les autres pour trouver le moyen d’échapper aux conséquences des crises économiques ? C’est que nous avons dans ce domaine une expérience qui ne date pas d’hier.

Qui remonte, en fait, aux années 1970, lorsque nous préférions laisser filer le déficit budgétaire plutôt que de nous lancer dans une politique d’austérité trop draconienne. Et développer des mécanismes destinés à sortir des statistiques du chômage d’importantes franges de personnes sans travail.

Or, et malgré l’assainissement des années Dehaene qui a permis à la Belgique d’entrer la tête haute dans la zone euro, ces deux spectres, celui du déficit et celui du chômage déguisé, planent toujours au-dessus de nos espoirs de reprise.

La Belgique guérira-t-elle jamais de ces maux qui la minent ? L’étude de Ernst & Young relève que la récession a fait exploser le déficit budgétaire dans notre pays (près de 6% du PIB en 2009), faisant ressurgir la grande peur de l’effet boule de neige, lorsque la dette globale dépasse les 100% du PIB, provoquant l’emballement du processus.

Quant au chômage, il est certes resté sous contrôle dans notre pays. Mais son taux est remonté à plus de 8% à fin 2009. Et aujourd’hui que reviennent en force les inquiétudes sur le financement des pensions, le problème du taux d’activité en Belgique (l’un des plus bas d’Europe pour les travailleurs âgés) apparaît comme une conséquence évidente des systèmes de prépensions mis en place lors des décennies précédentes.

Martine Maelschalck

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés