La Belgique tranche sur la 5G: la bonne surprise

Rédacteur en chef

La Belgique a décidé qui développera sa 5G.

C’est l’un des dossiers phares des prochaines années, l’un de ceux qui doivent permettre à la Belgique de s’accrocher au train européen. De peser – à tout le moins d’espérer peser – en termes de technologie et d’innovation. Et c’est un must quand notre capitale – Bruxelles - est aussi la capitale de l’Europe.

Mais la 5G, c’est un sujet explosif. Braquant une partie de la population sur le principe de précaution sanitaire et divisant l’autre partie autour de l’importance d’une "digital detox". Ajoutez-y les risques d’un incident diplomatique avec la Chine sur le choix de l’infrastructure et vous obtenez le dossier puant par excellence, sur lequel aucun gouvernement en affaires courantes ne voudrait se pencher.

On a donc longtemps cru, histoire belge, que nous allions encore devoir attendre avec nos ambitions. En ce sens, la décision annoncée mercredi par le Conseil national de sécurité de trancher la question d’un recours ou non aux équipementiers chinois est déjà un acte de courage politique fort. Elle va permettre à Proximus, Telenet et Orange d’avancer dans le déploiement de leurs réseaux du futur.

La voie choisie est maligne

En plus d’être courageuse, de ce courage qui nous manque tant parfois, la voie qui a été choisie est maligne. Car elle s’inspire de ce qui a pu être décidé ailleurs, au Royaume-Uni en l’occurrence. Pourquoi réinventerions-nous la roue sur un problème sans frontière ?

Le soin a été pris de consulter et d’entendre la sécurité nationale et le régulateur du secteur.

Car nos dirigeants partent du cœur de ce problème: la sécurité des réseaux. Elle concerne tant la continuité de services qui deviendront critiques que la protection des données sensibles qui y circuleront.

Ils n’en font pas une mesure à l’envers, anti-Huawei, anti-Chinois, qu’ils ne citent d’ailleurs pas nommément. Ils la basent sur des recommandations européennes.

Le soin a été pris de consulter et d’entendre la sécurité nationale et le régulateur du secteur. Cela paraît basique, mais nous vivons en Belgique avec la jurisprudence du "Rail Pass".

Et si Proximus, Telenet ou Orange souhaitent recourir à la technologie chinoise pour des raisons de coûts ou d’innovation, ils pourront le faire dans un cadre défini et en conséquence.

C’est clair. C’est nuancé. C’est presque surprenant.

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