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La bonne paie

©Debby Termonia

La liaison du salaire à l’ancienneté n’a pas la cote.

Est-il normal de voir les salaires progresser au même rythme que le nombre de bougies sur un gâteau d’anniversaire? Qu’est-ce qui justifie qu’un salarié de 56 ans gagne en moyenne 30% de plus que son collègue qui a 30 ans de moins, et qui fait exactement le même travail?

Lier les salaires à l’ancienneté sans tenir compte d’autres critères est aussi stupide que la nomination à vie dans la fonction publique.

On pourrait très vite rétorquer "l’expérience". Un argument qui se tient. Mais qui a ses limites. Car l’expérience n’est pas nécessairement synonyme de qualité, ni de productivité au travail. Si on caricature un poil, lier les salaires à l’ancienneté et offrir systématiquement 2% de hausse annuelle sans tenir compte d’autres critères est tout aussi stupide que de décréter – comme ça a été le cas dans la fonction publique – que l’on nomme une personne à vie une fois qu’elle a atteint les XX jours ou mois d’ancienneté requis pour la nomination. Sans se poser plus de questions par la suite sur son mérite, la qualité de son travail, sa motivation.

Cette progression aveugle de la rémunération souffre de plusieurs écueils. Elle n’a rien de motivant pour le travailleur. Pourquoi se casser la tête à donner le meilleur de soi si l’on sait que les chiffres sur sa fiche de paie augmenteront, que l’on reste les bras croisés ou que l’on se démène comme un beau diable? Ensuite, on sait l’effet qu’elle a sur les employeurs qui regardent froidement leurs budgets, et constatent qu’en virant 10 travailleurs âgés un peu moins productifs, ils pourront engager 20 jeunes "pas chers".

D’ici quelques semaines, syndicats et patrons vont se pencher sur cette question délicate. Il faudra oser dépasser les clivages. Des pistes innovantes existent, sans nécessairement léser le travailleur. Comme celle de faire progresser plus rapidement le salaire en début de carrière, avant de ralentir la courbe. Un principe qui devra d’ailleurs s’appliquer à tous les échelons de l’entreprise, sous peine d’être décrédibilisée. De l’ouvrier au directeur général, donc. Les travailleurs devront d’une manière ou d’une autre y trouver leur compte aussi, et bénéficier de la "bonne paie". L’imagination est au pouvoir, aux syndicats à s’en saisir, eux aussi.

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