La construction, moteur ou talon d’Achille de la relance?

La construction, confrontée à des pénuries d'approvisionnement en matériaux et de main-d'œuvre, parvient difficilement à suivre la demande. Ce qui risque de se répercuter sur les prix et de contribuer à alimenter une inflation que d’aucuns considèrent comme la principale menace sur la reprise.

Celui qui sollicite aujourd’hui un corps de métier doit s’armer de patience. C’est que le secteur de la construction et de la rénovation croule sous la demande. Beaucoup de particuliers, ayant eu la chance de passer entre les gouttes de la crise sanitaire, ont pu faire quelques économies. Ce bas de laine vient à point nommé pour rénover ou embellir son chez-soi. Voire pour investir dans un nouveau bien.

Les professionnels du bâtiment sont sous pression. Non seulement le carnet de commandes est plein mais l’approvisionnement en matériaux, pièces et matières premières ne suit pas. La production de ressources de base souffre encore de la crise sanitaire, alors que la demande s’est réveillée. Et on ne parle même pas des pénuries de main-d’œuvre qualifiée qui est un mal endémique dans la construction.

De quoi en tout cas susciter un certain mécontentement chez les clients, dont un sur cinq (selon la Confédération Construction) n'est pas d’accord pour reporter la livraison des travaux et un sur dix annule tout simplement la commande en cours. De quoi aussi alimenter une hausse des prix que l’on annonce d’ailleurs pour l’immobilier en général.

La plupart des économistes considèrent aujourd’hui l’inflation comme la principale menace à court terme sur la reprise. Elle inquiète également les marchés. À juste titre.

Le risque de surchauffe au niveau des prix de l’immobilier et la pression sur les métiers de la construction n’est pas sans danger pour la relance.

Depuis le début de la crise sanitaire, l’inflation est restée à un niveau plancher avant de brusquement se réveiller. En Belgique, l’inflation est passée de 0,3% en février à 1,6% en mars, puis à 2,1% en avril. Et encore, si l'on se fie à l'analyse du professeur d’économie Eric Dor, l’inflation officielle est sous-estimée par rapport à l’inflation réelle, du fait qu’il n’est pas tenu compte, dans les statistiques officielles, du coût du logement pour les propriétaires qui habitent leur bien. Or 70% des Belges sont propriétaires de leur habitation principale.

Le risque de surchauffe au niveau des prix de l’immobilier et la pression sur les métiers de la construction n’est pas sans danger pour la relance. La construction a été désignée comme un des principaux piliers de la reprise. Pas seulement sur le court terme dans le secteur résidentiel, mais également à moyen terme avec les projets de rénovation d’infrastructures et dans le cadre du Green Deal qui nécessitera de réaliser des rénovations énergétiques à grande échelle.

Si la pression sur l’offre venait à se transformer en goulot d’étranglement, autrement dit si le secteur de la construction ne parvenait pas à absorber tous ces chantiers, on risquerait alors de rater le train de la relance.

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