La cour de récré flamande

Les incessantes disputes entre CD&V et N-VA.

Quand des gosses font sans arrêt les idiots dans une cour de récréation, malgré les mises en garde répétées d’un surveillant, et qu’ils finissent par faire une chute, on ne trouve pas grand monde pour les plaindre. De la cour de récréation à la rue de la Loi, l’analogie reste valable en tous points.

Ainsi les deux grands partis flamands de la coalition fédérale, la N-VA et le CD&V, passent-ils le plus clair de leur temps, depuis des semaines, à se tirer dans les pattes et à étaler leurs divergences sur la place publique. Que ce soit sur les volets sociaux ou les volets sécuritaires de la politique qu’ils sont censés mettre en œuvre ensemble, les partis de Bart De Wever et de Wouter Beke ne sont d’accord sur (presque) rien. Et le public de ce triste spectacle — à qui l’on avait annoncé que c’est le partenaire francophone du MR qui était le maillon faible de ce gouvernement — de se demander quand finira cette farce flamande. Tant la N-VA que le CD&V portent une responsabilité dans ce fiasco, et une chute de ces deux formations politiques dans des sondages d’opinion à venir ne serait que méritée — comme une punition qui arriverait à point. A la différence, évidemment, que les nationalistes ont un avantage sur les chrétiens-démocrates flamands: leur poids électoral leur permet de mieux encaisser une perte de popularité.

Le CD&V est mal à l’aise dans cette coalition de droite, il y est entré à reculons. Et quand on marche à reculons, on finit par chuter.

C’est dans ce contexte qu’un difficile round de négociation budgétaire va être abordé. Et là encore, le CD&V et la N-VA vont s’affronter. Pour les nationalistes, la seule issue possible est de couper davantage dans les dépenses de la sécurité sociale, des dépenses que le parti juge, encore et toujours, exagérées. Le CD&V, lui, refusera de tailler ces mêmes budgets. Et les disputes vont se poursuivre lorsqu’il faudra aborder la question d’une réforme du système fiscal — le célébrissime "tax shift".

Il est loin, très loin même, le temps où ces deux formations politiques formaient un seul cartel: le CD&V est mal à l’aise dans ce gouvernement de droite, car il y est entré à reculons. Et quand on marche à reculons, tôt ou tard, forcément, on finit par chuter. Comme dans une cour de récré.

Lire également

Echo Connect