La crise est (presque) finie

Des prévisions de la BCE plus optimistes

Oyez, oyez, braves citoyens européens, la crise économique est terminée! Ce sont les prévisionnistes de la Banque centrale européenne qui l’affirment haut et fort, avec en guise de porte-parole Mario Draghi, le président de l’institution.

La croissance du Produit intérieur brut (PIB) de la zone euro pour cette année 2015 a été révisée en nette hausse, passant de 1% à 1,5%, en l’espace de trois mois à peine. C’est loin d’être négligeable. Et cette croissance devrait continuer à s’accélérer pour dépasser les 2% en 2017.

Si la reprise économique prend de l’envergure, cela signifie que les taux obligataires vont se redresser progressivement.

La faiblesse des prix pétroliers, la glissade de l’euro et les récentes mesures de politique monétaire de la BCE justifient cette bouffée d’optimisme. Comme pour s’en excuser, Mario Draghi a tenu à préciser que de telles projections à long terme sont sujettes à une très haute incertitude. Et d’ajouter, dans la foulée, qu’il convient de poursuivre dans la voie des réformes structurelles. Mais il est clair que les derniers indicateurs économiques vont dans le bon sens dans la zone euro.

Ah oui, en passant, c’est ce lundi 9 mars que la BCE va lancer son super-bazooka, sa grande opération de rachats d’obligations d’État (QE). Mais c’est comme si les marchés financiers avaient déjà entièrement anticipé l’opération. Depuis le début de l’année, l’euro s’est déprécié de 10% supplémentaires face au dollar et les rendements belges à 10 ans ont chuté de 0,9% à 0,6%. Face à des taux de plus en plus comprimés, les investisseurs se sont rués vers les marchés d’actions, l’indice boursier Bel 20 s’adjugeant plus de 13%. À l’évidence, les marchés financiers ont couru bien plus vite que l’économie. À tel point que l’on peut se demander si les bonnes nouvelles ne sont déjà pas, en majorité, incorporées dans les cours.

En tout cas, si la reprise économique prend de l’envergure — et c’est ce que nous dit la BCE —, cela signifie aussi que les taux obligataires vont se redresser progressivement. De quoi aller à contre-courant de cette opération de "quantitative easing" de la BCE, qui semble avoir porté ses fruits avant même d’avoir commencé. Sacré paradoxe.

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