La crise et la chute n'effacent pas le bilan de Michel

Voilà. En acceptant finalement la démission, donnée mardi, du Premier ministre et de son équipe, le Roi a tourné la page de cette coalition suédoise, transformée sur la fin en orange-bleue un rien bancale.

Espérons que se tourne en même temps une autre page, celle de la crise qui agite la Belgique politique depuis trois semaines. Et qui ressemble à une partie géante de "c’est pas moi c’est lui", où chacun tente de refiler à son voisin la responsabilité du blocage, tout en fuyant joyeusement les siennes, de responsabilités. On a vu des retournements de veste, des couteaux plantés dans le dos, des contorsions, tout ça pour se retrouver sans pilote à bord à cinq mois des élections.

Au risque de faire preuve de naïveté, espérons que les partis se ressaisissent rapidement, quittent leur posture caricaturale, et trouvent le moyen de progresser, depuis la Chambre, sur une série de dossiers urgents, où des compromis sont loin d’être inaccessibles.

C’est jouable. Charles Michel a fait tout ce qui était en son pouvoir pour sauver sa majorité, tout en conservant la face. L’opposition, elle, a eu la peau de ce gouvernement. Maintenant que le rideau de cette pièce est tombé, on peut passer à autre chose, afin d’éviter de transformer ces affaires courantes en temps perdu.

Durant plus de quatre ans, Michel a réformé à tour de bras. Et qu’on l’apprécie ou non, le bilan est de taille.

C’est, aussi, une question de survie pour les partis démocratiques. Il n’est pas certain qu’en cette période où les simplismes foisonnent, abîmer davantage l’image de la classe politique soit finaud. Parce qu’on a déjà vu plus posé et réfléchi qu’un électeur fâché et frustré.

En attendant, posons ceci. Oui, l’équipée Michel se sera montrée particulière d’un bout à l’autre, avec une composante francophone ultra-minoritaire, laissant le MR seul face à une opposition féroce, et parfois excessive. Oui, la suédoise a vu les nationalistes flamands exercer leurs premiers pas à l’étage fédéral. Oui, ce gouvernement fédéral est tombé prématurément, dans la dernière ligne droite.

Mais on ne voit pas bien pourquoi toutes ces considérations occulteraient l’essentiel. Durant plus de quatre ans, Michel a réformé à tour de bras. Et qu’on l’apprécie ou non, le bilan est de taille – L’Echo le passe en revue pour vous durant les deux semaines qui viennent.

Que la crise, la chute et le vacarme qui les ont accompagnées n’occultent pas ce qui compte, au final, en politique. Les actes posés.

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