La crypto-mania, suite et pas fin...

Chroniqueur, newsmanager

La plateforme de transactions en cryptomonnaies Coinbase qui va entrer sur le marché boursier Nasdaq affiche des valorisations qui posent question.

La société Coinbase est en quelque sorte le "Gafa des cryptomonnaies". Elle a surtout un profond sens du timing. Cette plateforme de transactions va entrer sur le Nasdaq alors que le bitcoin, la reine des cryptos, a battu mardi de nouveaux records à plus de 63.000 dollars. Saluons la vision des fondateurs de Coinbase: lorsque la firme a été créée dans un appartement à San Francisco en 2012, le bitcoin oscillait entre 5 et 15 dollars...

Aujourd'hui, les chiffres font littéralement tourner la tête. La plateforme d’échanges pourrait être valorisée à quelque 100 milliards de dollars. À titre de comparaison, c’est quatre fois la valorisation boursière de l’action Nasdaq. Coinbase, qui va dépasser des poids lourds boursiers comme BP ou Airbus, pourrait même venir rapidement titiller Goldman Sachs et ses 112 milliards de dollars de capitalisation.

Coinbase, qui va dépasser des poids lourds boursiers comme BP ou Airbus, pourrait venir rapidement titiller Goldman Sachs et ses 112 milliards de dollars de capitalisation boursière.

Les résultats de la firme sont plutôt favorables. Au premier trimestre 2021, elle fait état d’un bénéfice compris entre 730 et 800 millions de dollars sur des revenus d’environ 1,8 milliard de dollars. La marge de profit est plus qu'appréciable. Mais, dans le même temps, le rapport cours/bénéfice se situe au niveau stratosphérique de 90. Le tout est de savoir si Coinbase peut justifier toutes les attentes placées en elle. Après tout, la grande majorité de ses revenus provient des commissions sur les transactions en cryptomonnaies. Et les concurrents ne manquent pas pour venir lui souffler du business en proposant des commissions plus faibles. Surtout, Coinbase est fortement dépendante du cours des cryptomonnaies, de celui du bitcoin en particulier.

Tant que le bitcoin poursuit son irrésistible ascension, il n’y a pas de problème. Mais quid dans l'hypothèse d'un "bitkrach" prolongé?

En 2013, un ancien gouverneur de la banque centrale des Pays-Bas avait confié que la spéculation sur le bitcoin était pire que la folie sur les tulipes au XVIIe siècle... Bien entendu, les banquiers centraux ne sont pas impartiaux en la matière, ils voient d'un très mauvais œil tout concurrent potentiel sur le plan monétaire. Une chose est certaine: le bitcoin ne pourra jamais devenir une monnaie à part entière compte tenu de sa volatilité extrême. Au-delà de certaines qualités intrinsèques, il apparaît comme un vaste terrain de jeu pour certains spéculateurs. Les investisseurs belges semblent parfaitement conscients des risques. Selon le dernier baromètre ING, 62% d'entre eux assimilent même le bitcoin à une gigantesque bulle. Ce ne serait pas la première fois dans l'histoire du bitcoin que la bulle vienne à éclater.

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