La diversité des CA ne peut se limiter au genre

C'est une première depuis que L'Echo réalise son grand baromètre des genres. Les entreprises qui se sont ouvertes à plus de diversité ne regrettent rien.

Nous avons tous, dans notre entourage, une connaissance qui ne voit que le verre à moitié vide, qui casse systématiquement l’ambiance. Commençons, donc, par le verre à moitié plein. Pour la première fois depuis que L’Echo réalise son grand baromètre sur la diversité au sein des conseils d’administration du Bel 20, nos conseils d'administration comportent un tiers de femmes.

Certes, il aura fallu l’intronisation des quotas et des années pour y parvenir. Certes, un tiers. Mais, posez la question à n’importe quelle boîte qui a sauté le pas (poussée dans le dos ou convaincue): aucun de ses dirigeants ou de ses actionnaires ne regrette cette ouverture. Au contraire. Qu’importe au final le chemin, si les mentalités évoluent.

Sur les 212 administrateurs que comptent nos entreprises cotées, seuls… huit ne sont pas blancs.

Selon une récente étude réalisée par l’agence Moody’s, les sociétés européennes les mieux notées sont d’ailleurs celles qui comptent le plus de femmes à leur top.

C’est ici, malheureusement, que notre verre est vide.

La mort de George Floyd, aux États-Unis, a ramené au-devant de la scène la question du racisme. Nous sommes en 2020 et la question de l’égalité n’est toujours pas réglée.

Des chiffres éloquents

Nous sommes en 2020 et les chiffres que L’Echo publie ce vendredi sont éloquents. Si de nombreuses nationalités sont représentées au sein des conseils du Bel 20, onze d’entre eux sont exclusivement composés d’administrateurs blancs. Sur les 212 administrateurs que comptent nos entreprises cotées, seuls… huit ne sont pas blancs.

Ce pourcentage (3,7%) reflète bien peu la réalité de la société belge actuelle. Et c’est un euphémisme. Ce pourcentage est extrêmement faible quand on sait à quel point l’ouverture au monde (et à ses marchés) est l’une des clés essentielles du succès lorsqu’on fait affaire depuis un pays dont la superficie atteint difficilement 30.689 km2.

Pas d’angélisme primaire. L’Entreprise avec un grand E prendra encore du temps à évoluer. Et on a, tous, assez d’exemples bullshit en tête pour ne pas vouloir que la démarche soit fausse ou marketée.

Mais, chers leaders, réfléchissons une minute. L’entreprise belge qui, en 2020, ne dispose pas en ses hautes sphères d’assez d’expertises différentes et de diversité – on parle de sexe, d’origine et d’âge – est une entreprise qui vit tout simplement coupée d’une grosse partie du réel. D’une grosse partie des talents qu’elle pourrait séduire, des talents qui pourraient l’aider à grandir. D’une grosse partie des consommateurs. Bref, d’une grosse partie de son potentiel.

Lire également

Messages sponsorisés