La facture de la crise politique

©Nima Ferdowsi

Les nouvelles projections fournies hier par le Bureau du Plan sont interpellantes à plus d’un titre. Premièrement, il s’agit d’un exercice réalisé en commun par les experts du Plan et les partenaires sociaux. Ce qui lui donne d’autant plus de poids. Deuxièmement, le rapport est publié juste avant les élections et doit dès lors être considéré comme un message adressé au futur gouvernement.

Les nouvelles projections fournies hier par le Bureau du Plan sont interpellantes à plus d’un titre.

Premièrement, il s’agit d’un exercice réalisé en commun par les experts du Plan et les partenaires sociaux. Ce qui lui donne d’autant plus de poids.

Deuxièmement, le rapport est publié juste avant les élections et doit dès lors être considéré comme un message adressé au futur gouvernement. Un message on ne peut plus clair du reste.

Si la Belgique entend réintégrer la trajectoire budgétaire tracée par le Pacte de Stabilité, il faudra dégager 22 milliards d’euros d’économies d’ici 2015. Un montant colossal qui équivaut à 5% du PIB. Impossible à éponger, à moins d’une grosse poussée d’inflation ou d’une énorme hausse des impôts.

Enfonçant le clou, le commissaire au Plan, Henri Bogaert, a précisé que le prochain gouvernement devra rapidement et prioritairement mettre au point un plan pluriannuel. Sur la façon dont il faudra assainir, il s’est bien gardé d’avancer des pistes concrètes. Tout juste précise-t-il qu’aucune marge salariale ne sera disponible pour la prochaine négociation interprofessionnelle fin 2010.

Certes, la Belgique a démontré par le passé qu’elle était capable de fournir des efforts importants pour assainir ses finances publiques. Mais aujourd’hui, la donne a changé et deux atouts majeurs lui font défaut.

Un: dans les années 80, beaucoup d’économies ont pu être réalisées en taillant dans les crédits d’investissements. Aujourd’hui, l’Etat est beaucoup moins présent dans l’économie, ce qui réduit d’autant les possibilités de couper dans les dépenses. Deux: dans les années 90, la baisse progressive des taux a permis de soulager "mécaniquement" les finances publiques. Or les taux, à présent, sont au plus bas.

On savait que ces trois dernières années de crise institutionnelle qui ont paralysé le pays se paieraient très cher. A présent, la facture est là, sous nos yeux. Au vu de l’ampleur du défi, le dossier BHV paraît bien futile.

Jean-Paul Bombaerts

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