La fin d'un cycle démocratique

Journaliste

Le Pen et Mélenchon, le repli populiste

Quelle que soit l’issue des présidentielles françaises, près d’un électeur sur deux devrait voter pour un parti anti-establishment, qu’il s’agisse de Marine Le Pen, à l’extrême droite, ou de Jean-Luc Mélenchon, à l’opposé. À trois jours de la primaire, les deux populistes séduisent plus de 40% des électeurs. Bien sûr, les sondages ne sont pas l’avenir, comme le rappellent le Brexit et l’élection de Trump. Mais ils restent d’incontournables outils d’analyse sur lesquels les états-majors des partis ont les yeux rivés.

Le Pen et Mélenchon font rêver les Français emportés par un désir légitime de changement, dans un monde politique effondré. La société démocratique est à la fin d’un cycle. Les partis traditionnels, usés par les années de pouvoir et les affairistes sans idéal, ne parviennent plus à se renouveler. Les socialistes reculent partout en Europe, en Belgique, en France, aux Pays-Bas et en Italie. La droite est en crise, déchirée entre libéraux conservateurs et populistes radicaux.

La société démocratique est à la fin d’un cycle. Les partis traditionnels, usés par les années de pouvoir et les affairistes sans idéal, ne parviennent plus à se renouveler.

Tout aussi séduisants soient-ils, les chants des sirènes Le Pen ou Mélenchon sont dangereux car ils nous viennent des profondeurs du passé le plus noir de l’Europe, des camps de la mort aux goulags de Sibérie.

Le Pen élue, elle fera courir de grands risques à l’économie française et au continent. Une sortie de l’euro générera un franc faible, de l’inflation et affaiblira l’Europe face à la Russie, la Chine et les Etats-Unis. Le reste de son programme ne vaut pas mieux. Des propositions simplistes et coûteuses mâtinées d’une France purifiée, dont les médias complotistes font la promotion, jusqu’à faire oublier que le FN a été fondé par d’anciens nazis.

Mélenchon à l’Élysée, avec son programme europhobe et sans relais à l’Assemblée, provoquerait une crise institutionnelle plongeant la France et l’Europe dans la paralysie politique durant de longues années.

Ces deux ennemis se ressemblent autant qu’ils se haïssent, tant ils prêchent l’europhobie et prétendent sauver "le petit peuple". Mais le repli ou la révolution que chacun propose, à la manière d’un automate, n’est en rien une évolution.

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