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La fin d’un mythe

©Nima Ferdowsi

En marquant le coup, Barack Obama prouve qu’il ne veut, ou ne peut, plus se contenter de bonnes intentions.

Bruxelles (L'Echo) - Plus personne n’est intouchable ! Rick Wagoner, l’omnipotent patron de General Motors, vient de l’apprendre à ses dépens. Le président Obama lui-même a exigé sa tête. Et sa tête a roulé.

Le départ du boss du plus grand constructeur automobile américain n’a rien du fait du prince. Il témoigne par contre de la fermeté de la nouvelle administration américaine, bien décidée à prendre le taureau par les cornes pour résoudre la crise.

Celle-ci nécessite un remède costaud, aux organes dirigeants des entreprises concernées de l’administrer. Et visiblement les solutions proposées par Wagoner et son état-major pour « sauver » GM manquaient d’audace.

Rien ni personne n’est intouchable ! Pas même GM ou Citibank, menacée aussi d’un démantèlement il y a quelques jours. En marquant le coup de la sorte, Barack Obama prouve qu’il ne veut, ou ne peut, plus se contenter de bonnes intentions. « L’enfer en est pavé », rappelait l’autre semaine le premier ministre tchèque, président en exercice de l’Union européenne, affirmant que les Etats-Unis prenaient le chemin de l’enfer.

Du coup, il conditionne son aide à un plan drastique, quitte à ce que ce soit particulièrement douloureux pour l’emploi. Obama a l’air décidé à donner le bâton à ceux qui le méritent.

«Il n’y a pas grand-chose que je puisse dire pour atténuer la colère ou la frustration de ceux dont les moyens de subsistance sont en péril à cause d’erreurs dont ils ne sont pas les auteurs», reconnaît Obama. Et les auteurs, il les désigne. C’est Wagoner aujourd’hui, les dirigeants d’AIG hier, coupables de s’octroyer des bonus «sur le dos du contribuable».

L’industrie automobile américaine est sans doute arrivée à un carrefour important. Obama réclame une restructuration en profondeur, pas seulement sur le plan de l’organisation et des coûts mais aussi quant à la conception même des modèles, qui doivent être, enfin, plus légers et moins gourmands.

Toujours en plein état de grâce, Obama semble vouloir renverser les montagnes qu’il avait désignées durant sa campagne électorale. Jusqu’à quand ?

Jeudi, le jeune président affrontera la « vieille garde », européenne notamment, lors du sommet du G20, que l’on dit crucial pour l’économie mondiale. Mais à Londres, son enthousiasme risque de se heurter à la nécessité de composer avec les sensibilités internationales, d’autant plus fortes en temps de crise aiguë.

par
Laurent Fabri
Newsmanager

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