La fin du zigzag humaniste

Mathieu Colleyn

Le cdH dans l’opposition

Après avoir bataillé des années pour survivre au pouvoir, le cdH va désormais tâcher de ne pas mourir dans l’opposition. Telle est la nouvelle donne pour le parti orange, repris il y a quelques semaines à peine par Maxime Prévot. Sous réserve des aléas des formations gouvernementales à la belge, les humanistes, laminés par les élections du 26 mai, ont donc choisi de se refonder en évitant les perturbations inhérentes à la responsabilité du pouvoir. Où qu’il soit. C’est historique et à chaud, on pourrait dire que le risque est grand. L’adage voulant qu’on sait toujours quand on entre dans l’opposition, jamais quand on en sort, sonne comme une menace d’autant plus grande pour une formation centriste. Pour exister dans l’opposition, une certaine radicalité s’impose. Or ce n’est pas exactement le core business du cdH.

Le cdH était appelé à soutenir une alliance de gauche après avoir fait émerger une coalition de centre droit.

Le bras politique du pilier chrétien côté francophone s’est forgé une image de gestionnaire habile au compromis et adepte des positions médianes et nuancées. Il a toujours eu besoin de pouvoir comme de pain. C’est précisément ce qui a conduit ce pivot déclinant des coalitions gouvernementales à choisir tantôt la droite tantôt la gauche pour rester aux manettes. Présidente, Joëlle Milquet avait rapproché son parti d’un Elio Di Rupo soucieux de braquer à gauche après une période d’alliance laïque avec les libéraux dont l’ex-PSC fut victime. Déjà distendu, ce lien fût brisé en 2017 lorsque le président Benoît Lutgen rejetait le PS dans l’opposition en Wallonie au profit d’une coalition de centre droit avec le MR. Que pouvait faire le président Maxime Prévot? Remettre la barre à gauche en soutenant un nouvel Olivier ou, à la bonne heure, entrer dans un attelage PS-MR sans être numériquement nécessaire.

La seconde option paraît politiquement suicidaire. La première aurait terminé de déboussoler un parti zigzaguant sans parvenir à enrayer une érosion électorale inexorable. Sa rénovation passera peut-être par là: se donner un cap et s’empêcher d’en changer en fonction des circonstances.

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