La Flandre, ce n'est pas la N-VA

Bart De Wever se targue de représenter 80 % de la Flandre. C’est faux. Les derniers jours l’attestent. Les voix discordantes se multiplient.

D’abord sur sa proposition de "compromis" institutionnel. Il y a huit jours, elle semblait faire l’unanimité au Nord du pays. Ce n’est plus le cas. Le sp.a Frank Vandenbroucke, des économistes de la KUL ont montré que l’appauvrissement structurel de la Wallonie serait bien plus important qu’annoncé par De Wever.

Ensuite, sur BHV. La N-VA a agité la menace d’un coup de force pour imposer, au Parlement, la scission de l’arrondissement controversé. C’est (au moins temporairement) raté. Les autres partis flamands démocratiques (CD&V, sp.a, Open VLD, Groen) ne suivront pas, ce jeudi, la demande d’urgence pour la proposition de loi N-VA scindant BHV. Positions courageuses.

En Flandre, les grands syndicats (ABVV, ACV) ont aussi marqué leurs distances avec les nationalistes. 200 "BV" ("bekende Vlamingen") issus des arts, des lettres et du journalisme ont apporté leur soutien à une pétition avec pour slogan "Solidariteit maakt een cultuur groot" ("la solidarité grandit une culture") et refusent le "nationalisme borné".

La N-VA reste la première formation politique du pays. Elle est difficilement contournable. Elle a été plébiscitée par ses électeurs pour sa capacité supposée à concrétiser enfin une réforme de l’État. Cette aspiration au changement, à un État plus efficace, à des Régions plus fortes et plus responsables face aux défis d’avenir mérite d’être entendue, même si les francophones n’en épousent pas forcément tous les contours. Mais une réforme de l’État ne peut pas signifier une saignée des Wallons et des Bruxellois. La N-VA doit accepter qu’elle ne peut dicter son seul agenda, tant sur le plan communautaire que socio-économique. Est-elle capable de sceller un vrai compromis ? 135 jours après les élections, le doute est plus que jamais présent.

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