La Grèce fait moins peur...

Même si la crise de la dette publique est loin d’être réglée, on assiste depuis quelques semaines à une atténuation des tensions sur les emprunts d’État de la périphérie européenne. La Grèce en est l’illustration la plus parlante.

Même si la crise de la dette publique est loin d’être réglée, on assiste depuis quelques semaines à une atténuation des tensions sur les emprunts d’État de la périphérie européenne. La Grèce en est l’illustration la plus parlante. Alors que début septembre le marché était disposé à lui prêter des fonds moyennant un taux d’intérêt à dix ans de 11,8 %, ce loyer de l’argent est revenu aujourd’hui à près de 9 %. Par rapport aux Allemands, le surplus de rendement exigé des Grecs est revenu de 8,88 % à 6,15 %. Concrètement, cela signifie que les conditions d’emprunt auxquelles est confrontée Athènes ne sont plus celles d’un État menaçant de faire défaut. Faut-il y voir le signe que les investisseurs prennent au sérieux les efforts entrepris par le gouvernement Papandreou? Vraisemblablement, car la réduction du déficit public grec au cours des neuf premiers mois de 2010 (-31,1 % en rythme annuel) est conforme aux prévisions. Une évolution qui incite d’ailleurs les investisseurs, notamment chinois, à prendre pied sur le marché grec et à miser sur le papier hellénique. Il faut dire que la prise de risque s’est avérée payante en septembre puisque la dette publique grecque fut la plus rémunératrice de toute la zone euro avec un return moyen de 4,8 %.

L’atténuation du risque de défaut est également imputable aux spéculations (démenties par la Commission européenne mais évoquées par le Fonds monétaire international) relatives à un possible allongement, au-delà de 2015, du remboursement du prêt de 110 milliards d’euros consenti en urgence à la Grèce. Info ou intox, cette information, qui en d’autres temps aurait pu semer le trouble -quelle est la nuance entre allongement du remboursement et rééchelonnement de la dette?-, est aujourd’hui bien interprétée. La normalisation du marché monétaire européen calme manifestement les esprits: les banques faisant de moins en moins appel aux liquidités de la BCE, le bilan de la banque a fondu de moitié.

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