La lâcheté a encore frappé

Rédacteur en chef

Liège ensanglantée, la Belgique ne doit pas sombrer dans la même noirceur que les terroristes.

La violence aveugle a de nouveau frappé la Belgique. Sur le boulevard d’Avroy, en plein cœur de Liège, un homme a emporté dans la mort trois êtres, coupables d’exister à ses seuls yeux, innocents et anonymes pour le reste de la planète, qui laisseront sans doute une nuée de proches avec leurs larmes chaudes pour digérer le vide. Un lâche comme il en court un peu partout dans le monde ces derniers temps. Non qu’ils pullulent – statistiquement parlant. Non. Ils ne sont pas légion ces couards, ces pleutres, ces bas mais ils sont diablement efficaces dans ce qui reste une marque sombre de ce début de siècle: la loterie de la terreur.

Comment soulager les coups que ces fous portent aux esprits et qui nourrissent des sentiments noirs, des visions réductrices?

Peut-être visait-il l’autorité, celui-ci? Deux agents de police sont tombés. Un badaud aussi, qui a eu le tort de passer par là. Peut-être se revendiquait-il d’un dieu? D’une vision radicale de l’islam? Peut-être s’est-il radicalisé en prison? Toutes des questions qui surgissent déjà et qui vont peupler, à tort ou à raison, les conversations, les débats publics et les pages de nombreux médias. Des questions simples qui ont généré, génèrent et généreront des réponses qui se doivent d’être nuancées… Oui, la prison est une source de radicalisation. Oui, d’autres méthodes pour l’éviter sont plus coûteuses. Et oui, surtout, la Belgique, depuis vingt ans et l’affaire Dutroux, n’a toujours pas trouvé de réponse infaillible au suivi sérieux des dossiers judiciaires et particulièrement carcéraux.

Au-delà de ces interrogations sans doute légitimes et en partie cathartiques se posent cependant les irrémédiables questions que ces actes terroristes à répétition, couplés à d’autres moins sanglants, soulèvent: comment éviter de plonger la société belge dans un repli liberticide? Comment soulager les coups que ces fous portent aux esprits et qui nourrissent des sentiments noirs, des visions réductrices? Ces coups qui finissent par créer l’adhésion à des visions sociales tout aussi noires, à des reflux sécuritaires et communautaires, et partant à l’émergence de radicalismes pour enrayer un autre radicalisme… Le climat électoral européen montre à souhait que les hommes et les femmes sont prêts à s’accrocher à des slogans pour s’offrir un monde meilleur que des prometteurs de beaux jours ne leur octroieront pas.

Les morts de Liège, comme bien d’autres tombés ces dernières années, méritent, sinon exigent que nos institutions travaillent sans relâche à contrer ces obscurantismes isolés ou organisés qui imprègnent notre société.

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