La loi Renault en question

©Sofie Van Hoof

Le mouvement de grogne des travailleurs de Saint-Gobain à Auvelais met l’accent sur une problématique plus large, celle de l’efficacité de la loi Renault.

La semaine dernière, les ouvriers de l’usine de Saint-Gobain à Auvelais, se sont rebiffés. Alors que leur site, qui occupe 300 travailleurs, est menacé de fermeture, les délégations syndicales ont tout simplement refusé de commencer à discuter avec les représentants de la direction. Pourquoi ? Parce qu’ils pensent que, dès que toutes les parties seront assises autour de la table, Saint-Gobain annoncera la fermeture pure et simple de l’usine et qu’il n’y aura plus moyen de discuter.  

Mais le mouvement de grogne des travailleurs met l’accent sur une problématique plus large, celle de l’efficacité de la loi Renault, qui prévoit une procédure de consultation des travailleurs en cas de licenciement collectif. Pour mémoire, cette disposition a été introduite après la fermeture brutale de Renault Vilvorde en 1997, car on jugeait que le système antérieur n’avait pas réussi à défendre efficacement les travailleurs.

Or, on s’aperçoit que la loi Renault, elle non plus, ne donne pas satisfaction. Selon une étude de l’Université de Gand, les procédures Renault débouchent sur des licenciements collectifs dans 95% des cas. On est loin de l’un des objectifs de la loi, qui visait précisément à rechercher des solutions alternatives. Le mécanisme de la loi Renault serait aussi trop long (les négociations peuvent durer des mois, ce qui a souvent pour effet d’aggraver la situation) et interviendrait trop tard, quand l’entreprise est déjà en trop mauvaise posture. Alerté par plusieurs mises en garde, le gouvernement fédéral a d’ailleurs promis une évaluation de la loi Renault. 

Bien sûr, cette action d’éclat ne changera rien au cas de Saint-Gobain. Dans les prochains jours, les syndicats devront bien entamer les négociations avec la direction, ne serait-ce que pour préparer la fermeture dans les meilleures conditions pour les travailleurs. Car dans ce cas précis, personne ne pourra dire qu’il n’avait rien vu venir. Spécialisée dans le verre solaire qui est actuellement en crise grave, l’usine d’Auvelais est en chômage technique depuis plus d’un an. S’il y avait quelque chose à faire pour infléchir la position de la direction ou pour sauver l’outil, sans doute aurait-on pu s’y prendre plus tôt. 

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