La meilleure relance pour l'Europe: l'allègement de sa bureaucratie

Rédacteur en chef adjoint

Les Américains ont sorti leur gros chéquier. L'Europe en est toujours à palabrer. Mais pour relancer son économie, c'est de simplification qu'a besoin le Vieux continent.

Les États-Unis ont ouvert les vannes à billets. À fond les turbos. Avec des chiffres qui frétillent comme des bougies sur un gâteau d'anniversaire. L'Amérique de Joe Biden montre surtout sous un éclairage cru combien nous, Européens, nous extirpons bien pâles de cette pandémie. Comparons: côté américain, 1.900 milliards de plan de relance, auxquels vient de s'ajouter un plan d'investissement de 2.000 milliards. Et de ce côté-ci de l'Atlantique, qu'avons-nous? 750 milliards d'euros obtenus à l'arraché, un chèque en bois pour l'instant puisqu'il n'a pas encore été validé par tous les États membres. Bienvenue dans le "Next Generation EU", du nom de ce plan qui prend décidément les allures d'une vieille antienne sans chœur pour la chanter.

Certes, pour la première fois de leur histoire, les Vingt-Sept, Allemagne incluse, ont accepté l'idée d'un endettement commun à l'échelle européenne. Certes, aussi, à la comparaison des chiffres, ces mêmes Vingt-Sept n'ont pas à rougir de l'effort fourni: ils ont déboursé pour un total de 4.800 milliards de mesures de soutien depuis le début de la crise sanitaire.

Davantage que ce combat de gros chiffres, c'est le bourbier bureaucratique européen qui continue à oblitérer, voire à gaspiller, la relance du Vieux continent.

Mais davantage que ce combat de gros chiffres, c'est le bourbier bureaucratique européen qui continue à oblitérer, voire à gaspiller, la relance du Vieux continent. Vendredi, les tribunaux allemands ont suspendu son processus de ratification. Au-delà, ce sont les élaborations de chaque plan national qui prennent le processus dans un étau chronophage et peu structurant. On sait d'ores et déjà qu'il faudra des mois avant de voir arriver le premier euro. Rappelons en outre que le meilleur plan de relance dans l'immédiat reste la vaccination. Or ici aussi, notre organisation a pour le moins manqué d'efficacité.

Toutes ces lourdeurs européennes se paieront cash: selon les prédictions de l'OCDE, l'économie américaine retrouvera son niveau d'avant-crise d'ici la fin de l'année. L'Europe devra probablement attendre la fin de l'année prochaine.

La semaine passée, le Président français Emmanuel Macron se lamentait fort justement à l'issue du sommet avec ses collègues européens: "Nous sommes trop lents, nous sommes trop complexes, nous sommes trop engoncés dans nos propres bureaucraties". On ne pourrait dire mieux. Et l'histoire nous le prouve en creux: il y a dix ans, l'Europe est sortie davantage grandie de la crise de l'euro en renforçant ses structures plutôt qu'en les arrosant d'argent frais. Une leçon à retenir avant d'ébaubir sa population avec des chiffres qui pétillent.

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