La minorité qui fait loi?

©Nima Ferdowsi

Les discussions autour de la fiscalité en Europe tournent au ridicule. A quelques encablures du Conseil Ecofin de demain mercredi, après un an d’âpres discussions en coulisses, on assiste toujours à un véritable pugilat entre le Luxembourg et l’Autriche, d’une part, et les autres Etats membres, d’autre part.

Enjeu principal: la levée du secret bancaire. Suite aux affaires UBS et au scandale du Liechtenstein, les fortes pressions (politiques… et économiques) exercées sur les pays tiers comme la Suisse, Andorre, Saint-Marin et Monaco avaient fait mouche.

Lors du plus récent G20 d’octobre, ces pays avaient, en effet, accepté d’adopter les standards de l’OCDE. Bref, la lutte contre l’évasion fiscale – 200 milliards d’euros chaque année ! – s’intensifiait.

Le hic: si le Conseil Ecofin donne son feu vert à l’Union européenne de couler, dans des conventions, les concessions des pays tiers, le Luxembourg et l’Autriche devraient automatiquement les adopter aussi. Or, pour nos voisins du Sud, il n’en est pas question. Le blocage est total, aux dernières nouvelles. Il nous revient que les tirs de barrage et autres querelles de boutiquiers ont été le lot de ces derniers mois de négociations sur la coopération administrative, la fiscalité de l’épargne et l’évasion fiscale.

Voilà qui ne manque pas de contradiction: nos édiles politiques estimaient légitime de lutter contre l’évasion fiscale. Nicolas Sarkozy et Angela Merkel s’étaient fait les chantres de la transparence fiscale. L’accord semblait proche. Mais patatras!

C’est dommage. En agissant de la sorte, les Etats de l’Union font preuve de faiblesse ou d’hypocrisie – la concurrence fiscale les arrangerait-elle bien? En agissant de la sorte, les Etats de l’Union ne font rien d’autre que mépriser le commun des contribuables, sur lesquels l’étau se resserre, depuis des années déjà.

Ils donnent à penser que l’évasion fiscale a encore de beaux jours devant elle et donnent du temps aux grandes fortunes de prendre leurs quartiers dans des coins de plus en plus reculés du monde.

par  François Mathieu
Rédacteur en chef «Mon Argent»

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