La N-VA garde deux fers au feu

Pourquoi le parti n’abandonne pas le "16"

De Wever à la Région, Jambon au Fédéral et Bourgeois à l’Europe. Le casting de la N-VA est prêt et la stratégie du parti se précise. Plusieurs enseignements émergent à ce stade.

Premièrement, Bart De Wever a mangé sa parole en abandonnant le mayorat d’Anvers. On ne lui en tiendra pas davantage rigueur qu’à tous les autres qui ont fait comme lui. C’est une spécificité belge qui montre que notre fédéralisme n’est pas encore très mature.

Avec la N-VA qui a quitté le navire et le PS qui rase gratis, l’axe formé par le MR et le CD&V joue la carte de la responsabilité.

Deuxièmement, si Bart De Wever privilégie la Flandre, il s’adresse aussi aux francophones. Il justifie son casting par le souci de défendre la "forteresse" Flandre contre les ambitions de "reconquête" affichées par PS. Autrement dit, ce sera la Belgique ou le PS. Le prochain scrutin se profile ainsi comme un duel entre les deux poids lourds de la politique belge. Mais les autres ne partent pas battus pour autant. Avec la N-VA qui a quitté le navire en plein milieu de la tourmente et le PS qui rase gratis (baisse de la TVA, baisse de l’âge de la retraite), l’axe formé au centre par le MR et le CD&V joue la carte de la gestion responsable.

Consciente de cette menace, la N-VA – et c’est le troisième enseignement – a pris soin de garder deux fers au feu: la poursuite du redressement socio-économique sans le PS, le confédéralisme au cas où le PS s’inviterait quand même à la table des négociations. Or même côté flamand, la N-VA apparaît fort isolée sur le confédéralisme. Avec le socio-économique au contraire, le parti peut se prévaloir d’un bilan. C’est la grande différence par rapport à 2014, lorsque la N-VA avait décliné le poste de Premier ministre. Cette fois-ci, elle met une option sur "16". Si Jan Jambon a été mandaté pour cette mission, c’est parce qu’il a conservé une relation solide avec Charles Michel. Ce scénario permet au passage à Bart De Wever de conserver sa virginité nationaliste. Au final, ce sera comme toujours à l’électeur de distribuer le jeu et au politique de se débrouiller avec les cartes qu’il aura reçues. Les exclusives feront alors place aux convergences.

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