Coalition Vivaldi: surtout pas de compromis mou

Editorialiste

Les négociations fédérales sont encore loin du compte.

Avec la publication par L’Echo des principaux points figurant dans la note Vivaldi, on a pu se faire une idée assez précise de l’état d’avancement des négociations fédérales. Et franchement, on dit: bof.

Manifestement, les sept partis à la cause (PS-spa, MR-Open Vld, Ecolo-Groen, CD&V) n’ont pas encore trouvé à s’entendre sur les sujets qui fâchent. Sur la pension minimale, la fiscalité, le nucléaire ou encore l’interruption volontaire de grossesse, pour prendre un thème cher à chaque couleur politique, on se contente encore de phrases générales qui n’engagent à rien.

Ce n’est pas mieux sur d’autres chapitres, pourtant centraux. On va relever le taux d’emploi, d’accord, mais comment s’y prend-on? On va faire baisser la pression fiscale sur les revenus du travail, OK, mais de quelle manière? Sur le volet socio-économique, au-delà d’un plan de relance synonyme de hausse des investissements publics, c’est encore bien flou.

Alors oui, il y a des thèmes qui font consensus, comme l’attention portée aux soins de santé ou à la transition énergétique. Mais ils sont devenus tellement incontournables qu’ils transcendent les programmes des uns et des autres. Au-delà, on reste sur sa faim. On cherche un souffle, on ne le trouve pas.

Patience, nous dit-on en coulisses, n’allez pas plus vite que la musique. La Vivaldi est en phase de composition, ne nous jugez pas sur un brouillon mais sur la partition finale.

"Ne pas faire semblant de se rassurer sur l’air de: on a une majorité, c’est d’jà bon comme ça."

C’est vrai qu’il y a encore des vides à remplir, mais les ajouts à venir nous donneront-ils un tout enthousiasmant? Vu la composition de l’équipage, on a bien compris qu’il fallait viser au centre pour atteindre le point d’équilibre. Ce n’est pas une raison pour tomber dans le piège du compromis mollasson, ni de faire semblant de se rassurer sur l’air de "on a une majorité, c’est d’jà bon comme ça".

Au contraire, c’est une occasion de rassembler autour d’un projet qui soit autre chose qu’un bricolage de fortune. Après ces mois de pandémie, de confinement et de gestes barrière, le tout sur fond d’enlisement politique, on a envie/besoin d’inspirer un grand coup.

Par exemple, y aura-t-il un domaine où la Vivaldi nous proposera de devenir leader mondial? Y aura-t-il un objectif vraiment bluffant, qui tire tout le monde vers le haut? Ce ne sera peut-être pas un gouvernement de rêve, a-t-on pu entendre. Mais de grâce, jouez-nous la musique de l’ambition!

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