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La paix sociale a un prix

Le projet d'accord interprofessionnel a été nettement approuvé, vendredi, par les syndicats. Ceux-ci ont ainsi montré leur sens des responsabilités. La Fédération des entreprises de Belgique devrait à son tour donner son feu vert jeudi prochain. Ce qui permettra d'entériner cet accord important.

Tant dans les rangs syndicaux

que chez les employeurs, certaines

voix se sont pourtant fait entendre

ces dernières semaines

pour dénoncer le compromis. Le

Voka, le patronat flamand, a

parlé d'un texte «inacceptable».

Pourtant, quelle serait l'alternative?

Un clash social?

L'accord repose sur des équilibres.

N'en déplaise au Voka, il

montre que la concertation fédérale

fonctionne. Il assure, quoi

qu'on en dise, une claire modération

salariale. Hors inflation, les

salaires vont progresser de 1,1%

sur deux ans. 0,55% par an. On

peut difficilement parler d'une

gabegie. Notre handicap salarial

par rapport aux pays voisins est

de 1,5% sur les dix dernières années.

Avec cet accord, il sera réduit

de 0,65% en deux ans.

Autre élément important, en particulier

pour les PME: la flexibilité.

Les heures supplémentaires

coûteront désormais moins cher

à l'employeur. Le salaire minimum

brut est augmenté de 50

euros. Mérité: il n'avait plus

augmenté depuis 1993. Les efforts

à consentir par les entreprises

en matière de formation et

d'innovation sont réaffirmés.

Logique: la compétitivité d'une

entreprise ne repose pas sur les

seuls coûts salariaux.

Forcément, un accord entre patrons

et syndicats est le fruit d'un

compromis. C'est la nature

même d'une négociation. Alors,

certes, on peut ergoter sur tel ou

tel point spécifique. Le texte n'est

pas parfait. Forcément, il ne règle

pas tous les maux économiques

et sociaux de la Belgique. Ce

n'était pas le but de l'exercice.

Mais l'ensemble de l'accord est

positif. Et il alimente un climat

social meilleur. Les relations patrons-

syndicats sont apaisées. À

confirmer. Les négociations au

sein de chaque secteur ne seront

pas faciles. Et dès ce vendredi, la

FGTB remettait la représentation

syndicale dans les PME sur

Alain Narinx

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