La palme du mauvais scénario

La panne du contrôle aérien.

On croirait vivre un mauvais film. Dans une salle à haute sécurité qui contrôle l’espace aérien de tout un pays, tout à coup, les écrans deviennent noirs. Les systèmes de secours, les batteries, les générateurs sont inopérants. Est-ce un hacking informatique? Des terroristes sont-ils en train de prendre possession de l’espace aérien du Royaume? Heureusement, l’armée prendra le relais à temps pour éviter les situations conflictuelles…

Attendez! Hors hypothèses terroristes (mais certains ont dû y penser sérieusement), il est hallucinant qu’en une minute notre contrôle aérien devienne inopérant! Et aussi que les systèmes de secours ne remplissent pas leur rôle. Si, comme le disent les syndicats, la cause est due à un défaut de maintenance en raison de la pénurie de main-d’œuvre, il aurait été plus utile de tirer la sonnette d’alarme dès qu’on avait conscience du risque.

Que ce mauvais scénario ne se transforme pas en scénario catastrophe…

Mais en réalité, sauf à nous cacher les vraies raisons, on peut supposer qu’il s’agit d’un défaut de prévoyance. Une imprévoyance coupable! Nous comprenons l’indignation des pilotes de ligne, dont l’association professionnelle relève qu’"une telle panne ne devrait pas se produire et doit être solutionnée dans la minute". Car, comme le disait son porte-parole: "Heureusement qu’il faisait beau, avec du brouillard et du mauvais temps, on courrait à la catastrophe!"

On parle ici de sécurité aérienne. Il ne faudrait pas que la politique y mette son grain de sel. A l’image d’un Carlo Di Antonio qui s’étonne de l’incident, alors que "la Région wallonne consacre 6,8 millions d’euros annuels à Belgocontrol". L’organisme de contrôle aérien aura beau jeu de lui rappeler en temps voulu que si Belgocontrol touchait en Wallonie les sommes correctes en rapport avec ses prestations, il disposerait peut-être de plus de moyens pour assurer ses missions.

Son administrateur délégué, Johan Decuyper est un fervent adepte de la transparence, c’est notoire. C’est le moment d’être à la hauteur de cette ambition. Nous avons vécu hier un très mauvais film qui, heureusement, s’est terminé sans victimes sanglantes (car victimes il y a eu et pas un peu!). Il serait malheureux qu’un jour ce mauvais scénario se transforme en scénario catastrophe.

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