La peur du changement

©RV DOC

Avec la réforme de l’enseignement secondaire en Flandre, voilà un dossier où les paradoxes ne manquent pas.

Premier paradoxe, le parti qui a su s’allier la sympathie de 35% des Flamands en tenant comme slogan "la force du changement" bloque un dossier sur lequel les autres partis sont pourtant d’accord. En deux mots, il s’agit d’instaurer un tronc commun jusque 14 ans pour tous les élèves du secondaire et de décloisonner les filières d’enseignement général, technique et professionnel. Objectif du ministre sp.a, Pascal Smet: éliminer l’image d’école "poubelle" qui colle à l’enseignement professionnel. Pour la N-VA, cette réforme débouchera sur un nivellement vers le bas.

Deuxième paradoxe, le syndicat chrétien des enseignants rejette le texte de Pascal Smet et se range derrière la N-VA qui, elle-même, a passé voici quelques mois l’ACW à la sulfateuse dans le cadre du dossier Dexia. Comprenne qui pourra. Mais il faut dire qu’en matière de conservatisme au nom de la défense des droits acquis, les syndicats enseignants en connaissent un rayon… Troisième paradoxe, les organisations patronales (Voka et Unizo), chez qui la N-VA trouve généralement une oreille attentive, appuient le projet de Pascal Smet. Les patrons plaident depuis longtemps pour un enseignement qui valorise les métiers techniques dont les entreprises ont grandement besoin.

Au-delà du débat de fond, il y a un enjeu plus immédiat et plus terre à terre: les élections, c’est dans moins d’un an. Pour le sp.a, ce serait une grande victoire que de pouvoir revendiquer la paternité d’une réforme attendue depuis des lustres et chaque fois reportée pour cause d’absence de consensus. Pour la N-VA en revanche, on peut se demander si la stratégie du "un contre tous" lui rapportera, cette fois aussi, les dividendes électoraux escomptés. Les adeptes de la force du changement vont-ils pouvoir capitaliser sur la peur du changement? A priori, ce n’est pas gagné. D’après un sondage VTM, 60% des parents en Flandre se déclarent convaincus par le projet de réforme. Reste qu’au-delà des querelles partisanes, on ne peut que regretter que ceux dont l’avenir est en jeu — les élèves — soient les jouets de ce bras de fer politique.

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