La planète a chaud, gardons la tête froide

Le changement climatique, avec ses canicules à répétition, semble porter les esprits à ébullition.

La planète a eu chaud. Les coureurs du Tour de France ont dégouliné. Les rails d’Infrabel se sont dilatés. Même l’Atomium a dû fermer. Une semaine sous étuve, comme on en a déjà connu, comme on en connaîtra encore.

Peut-être la canicule explique-t-elle aussi cette déferlante de haine à l’égard de Greta Thunberg, la jeune activiste suédoise, en visite dans les cénacles capitonnés de l’Assemblée nationale en France. Du haut de ses 16 ans, la "cyborg suédoise" (dixit un philosophe survolté) en a échaudé plus d’un. "Millénariste", "victime manipulée", "pur produit marketing", plusieurs intellectuels et autres sénateurs cooptés ont rivalisé d’imagination pour se "payer" l’égérie climatique.

Consternant.

Le changement climatique, avec ses canicules à répétition, semble porter les esprits à ébullition, découpant la société en deux hystéries qui s’opposent: d’un côté, les catastrophistes prônant un retour à l’Âge de pierre, et de l’autre, les coupeurs de cheveux en quatre freinant toute initiative au prétexte qu’elle aurait un effet collatéral ingérable (le tout alimenté des deux côtés par une sombre théorie du grand complot).

Pourtant, n’en déplaise aux amateurs des solutions simples, ces deux camps extrêmes ont beau avoir tort… ils ont en partie raison. Pour sauver notre environnement (le climat mais n’oublions pas aussi notre biodiversité et notre santé), il faut changer notre paradigme de pensée économique (le premier camp), et éviter dans le même temps de nous engouffrer dans des solutions simples aux conséquences désastreuses (le deuxième camp): de la bulle du photovoltaïque en Wallonie à la frénésie actuelle du tout à l’électrique, les exemples ne manquent pas.

Les pistes à retenir sont celles qui prennent pied dans un cercle vertueux, dans une démarche holistique. En cela, l’étude de l’UCLouvain sur une agriculture wallonne sans pesticide fait sens: un coût environnemental réduit de moitié, un respect de notre santé et un emploi en hausse sensible. Les auteurs visent un scénario où l’agriculture biologique wallonne compterait pour 40% de sa production. Un chiffre tout à fait réalisable: c’est le niveau déjà atteint en Gaume et dans la région de Stavelot-Malmedy.

En outre, l’initiative est à la portée des politiques. Ils l’ont démontré dans le secteur du recyclage, où la Wallonie a créé un véritable écosystème, bénéfique à la fois pour l’environnement et pour l’emploi. Ces réformes basculantes servent aussi de terreau aux "coquelicots" cultivés par les négociateurs PS-Ecolo et plantés par une centaine de membres de la société civile.

La planète a chaud, gardons la tête froide. Et cessons d’élever la température avec des débats stériles.

Lire également

Echo Connect