La politique de l'immobilité

Un tunnel se ferme et une métropole européenne se fige...

Les tunnels bruxellois sombrent. Et la kermesse politicienne s’ouvre. Qui est responsable? Les éminences vocifèrent, pointent les négligences, protègent leurs portefeuilles… Bien sûr, ce débat viendra. Mais, plus que savoir qui châtier pour cette grêle de béton en sous-sol, le citoyen aimant (ou devant) se déplacer s’intéresse surtout aux solutions. Et là, les moulins à paroles souffrent d’une mutité soudaine. Pire: la ministre fédérale des Transports, Jacqueline Galant, concède que des branches wallonnes du RER pourraient être abandonnées.

En 2013, le patronat bruxellois avait estimé le coût des embouteillages à un demi-milliard d’euros par an.

Des décennies d’incurie fédérale et régionale ont mené à cette situation ubuesque: un tunnel se ferme et une métropole européenne se fige. Dans cet engluement urbain figurent quelque 400.000 Flamands et Wallons qui entrent quotidiennement dans la cité pour y travailler. Faut-il rappeler à leurs éminences indépendantistes qui gouvernent les terres du nord que, ne leur en déplaise, leur capitale est le poumon économique du pays? À celles, de plus en plus régionalistes, du sud que siphonner Bruxelles est une solution court-termiste? Les décideurs bruxellois deviendront-ils aussi nombrilistes que leurs homologues jusqu’à instaurer des péages à leurs portes pour financer un métro décent? Mieux: qu’un jour, les navetteurs paient l’impôt dans la région où ils travaillent? Est-ce cette logique identitaire, défiante, concurrente qui offre le meilleur modèle de gestion?

En 2013, le patronat bruxellois avait estimé le coût des embouteillages à un demi-milliard d’euros par an. Transformées en investissements, ces centaines de millions pourraient être injectées annuellement dans des réseaux de métro et de RER efficaces. Comme l’ont fait la plupart des grandes villes européennes. Celles qui ne sont pas coupées de leur hinterland économique. Ou sont soutenues par un Etat qui a compris qu’une vitrine internationale, si elle est un peu bichonnée, rapporte bien davantage…

Au pays du surréalisme, on fait l’inverse. Puis on gesticule. Coincé dans son propre merdier.

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