La prime au bon sens

Journaliste

Ethias ne sera pas à vendre avant 2019

Ethias va-t-il enfin connaître la normalité? Jamais à l’abri d’un rebondissement ou d’une tuile, l’entreprise veut avoir toutes ses assurances avant de communiquer sur le préaccord trouvé lundi entre ses actionnaires, à savoir l’État fédéral, les Régions wallonne et flamande. Ils disposent chacun de 25% et une action depuis le sauvetage la compagnie en 2008 (le reste est chez Ethias Droit Commun, qui regroupe les collectivités à l’origine de l’assureur mutualiste).

Le préaccord de lundi prévoit en particulier un statu quo actionnarial pendant deux ans. On ne vendra pas Ethias avant 2019, c’est-à-dire avant les prochaines élections législatives.

Dotés de majorités politiques pour le moins divergentes, ces actionnaires ont mis le temps mais ils ont fini par ranger leurs désaccords pour faire parler le bon sens et donner du temps à l’assureur. Ils ont notamment fait leurs calculs et estimé pouvoir tirer, plus tard, davantage que le milliard et demi d’euros investi en 2008.

Voilà au moins un dossier où la raison semble avoir dépassé les clivages nord-sud ou droite-gauche si souvent paralysants dans ce pays.

Financièrement, Ethias a beaucoup fait ces derniers temps pour corriger le tir et sortir de la zone rouge. Tout n’est pas réglé mais l’assureur revient de loin. S’il a dû maudire la Banque nationale plus d’une fois, il peut néanmoins la remercier. Car c’est elle, la BNB, qui a mis la pression sur Ethias pour qu’il règle ses faiblesses intrinsèques, qu’elles soient financières ou de gouvernance. Elle a eu raison.

Le risque financier ayant été réduit, Ethias va maintenant travailler à simplifier ses structures et à se doter d’une gouvernance digne du nom. Surtout, il a deux ans pour développer son business sans stress existentiel.

Deux ans, ce n’est pas l’éternité mais c’est un vrai luxe pour une entreprise qui n’a jamais relevé le nez de son guidon ces 10 dernières années. Voilà au moins un dossier où la raison semble avoir dépassé les clivages nord-sud ou droite-gauche si souvent paralysants dans ce pays.

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