La quadrature du cercle

Polémique sur le soutien aux centrales au gaz

Alors que le consultant PwC avait estimé le coût du système de soutien aux centrales au gaz à 345 millions d’euros par an, la Creg le situe entre 600 et 940 millions d’euros par an, écrivions-nous jeudi. Une information qui nous semble pertinente, même s’il s’agit de l’estimation personnelle d’un des directeurs de la Creg, et pas d’un avis officiel du régulateur.

Par contre, que cette nouvelle estimation soit brandie par les partisans de la prolongation du nucléaire, et singulièrement la N-VA, pour conclure qu’il faut une nouvelle fois allonger la durée de vie de certains réacteurs, c’est aller fort vite en besogne.

D’abord, parce qu’il est quasiment impossible, aujourd’hui, d’estimer précisément combien le système de soutien aux centrales au gaz que la ministre Marghem veut mettre en place va coûter: le texte qu’elle s’apprête à déposer au Parlement prévoit un système d’enchères, dont les détails doivent encore être fixés dans des arrêtés d’exécution et dont les résultats ne sont forcément pas connus aujourd’hui. Ils dépendront notamment de l’évolution des prix de l’électricité.

Brandir les nouveaux chiffres pour conclure qu’il faut prolonger le nucléaire, c’est aller vite en besogne.

Ensuite, parce que le coût de la prolongation du nucléaire et ses répercussions sur la facture du consommateur sont eux aussi incertains – Engie a déjà fait savoir haut et clair qu’il n’investirait pas à nouveau dans la prolongation de certains réacteurs sans une garantie publique sur ses investissements.

Enfin, parce qu’il faudra bien, un jour ou l’autre, remplacer nos réacteurs vieillissants. Par quoi? De nouvelles centrales nucléaires? L’addition risque alors d’exploser.

Cela fait plus de 15 ans que la Belgique tergiverse sur la question du nucléaire. Quand adoptera-t-elle enfin une vraie stratégie en la matière, en arrêtant de tenter de faire croire aux électeurs qu’on peut réaliser la quadrature du cercle, et tout concilier: la sécurité d’approvisionnement, la transition énergétique, et l’absence d’impact sur la facture des entreprises et des particuliers?

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