La revanche des généraux

Trump envoie des renforts en Afghanistan

Lentement, mais sûrement, les généraux ont fait leur nid au sein de l’entourage de Trump, comme semble l’indiquer l’annonce, lundi, de l’envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan, une option à laquelle le Président américain s’était longtemps opposé. Pas que leur présence date d’hier. D’entrée de jeu, Donald Trump avait nommé plusieurs (anciens) généraux à des postes clés de son administration (James Mattis, secrétaire à la Défense, John Kelly, secrétaire à la Sécurité intérieure et Michael Flynn, conseiller à la Sécurité nationale). Cela avait d’ailleurs inquiété une partie des médias et de l’opinion publique qui avaient fait mine d’oublier que Barack Obama, lui aussi, avait nommé des militaires dans son administration.

Les généraux avaient déjà convaincu Trump de bombarder une base aérienne du régime syrien.

Hermétique aux critiques, Trump avait décidé de remplacer Flynn, accusé de relations douteuses avec Moscou, par le général H.R. McMaster, maintenant ainsi son "contingent" de généraux. Des généraux qui l’avaient ensuite convaincu de bombarder une base aérienne du régime syrien ou de lâcher la mère de toutes les bombes contre l’Etat islamique en Afghanistan, face aux isolationnistes de son entourage. Mais leur influence vient encore de monter de deux crans. Primo, avec la nomination de Kelly comme chef de cabinet de Trump fin juillet. Une position d’où il a commencé à faire le ménage en limogeant Anthony Scaramucci qui n’aura finalement "sévi" que 10 jours à la tête de la communication de la Maison-Blanche, et en obtenant la tête du très polémique Steve Bannon, le conseiller stratégique de Trump et le principal rival des généraux au sein de l’administration (alors que c’est un ancien de la Navy…). Secundo, avec la décision prise par Trump, sur leurs conseils, d’envoyer des renforts en Afghanistan (mêmes s’ils espéraient plus de troupes).

L’ironie dans tout cela, c’est que cette influence n’est finalement plus jugée aussi inquiétante par les détracteurs du Président qui, tout comme les démocrates, estiment les généraux bien plus rassurants que les éléments ultra-conservateurs et inexpérimentés gravitant aussi autour du Président.

Lire également

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés