La roche tarpéienne est proche du Capitole

Journaliste

Editorial de Philippe Galloy

Les marchés boursiers continuent leur ascension. Cette semaine, le Nasdaq a dépassé le seuil des 7.000 points et le Dow Jones a franchi le cap des 25.000 points. En Europe aussi, l’année a très bien commencé sur les différentes places financières, avec des hausses de l’ordre de 3% – davantage qu’à Wall Street! – en une petite semaine.

Ce contexte porteur est idéal pour les introductions en Bourse. Spotify, leader mondial du streaming musical, compte bien en profiter en faisant son entrée à Wall Street dans les mois qui viennent. Et d’autres grands noms tels qu’Uber ou Airbnb sont également cités pour une prochaine IPO (initial public offering: appel public à l’épargne en vue d’une entrée en Bourse). En Bourse de Bruxelles aussi, les investisseurs seront sollicités cette année: augmentations de capital, émissions d’obligations et introductions en Bourse sont au programme, dont l’IPO très attendue de Belfius.

Ceci ne signifie pas qu’il faut craindre un krach boursier mais qu’une correction devient plus probable.

Ce regain d’activité sur les marchés traduit la confiance grandissante dans la croissance économique et ses effets attendus sur les bénéfices des entreprises. Il est vrai que tous les voyants sont au vert: l’ensemble des moteurs de l’économie tournent de manière synchronisée pour la première fois depuis des années. L’industrie a du mal à suivre les commandes, le secteur des services est en croissance, la consommation accélère, notamment sous l’effet d’une augmentation de l’emploi. Dans la zone euro, le taux de chômage devrait diminuer à 8,7%, d’après les statistiques attendues mardi prochain, ce qui serait son niveau le plus bas depuis début 2009.

Cette vigueur de l’économie conduit les économistes à recommander d’investir à nouveau dans les actions en ce début d’année. Ils s’attendent en particulier à de bonnes performances des places boursières européennes. Wall Street suscite un peu moins d’enthousiasme. Et pour cause: c’est aux Etats-Unis qu’on guette les premiers signes d’un été indien de la croissance économique. On parle de fin de cycle pour la première économie mondiale, pas encore de récession. Mais, même si on ne sait toujours pas trop comment, les marchés boursiers anticipent toujours les retournements conjoncturels. On sera donc bien avisé de suivre de près ce qui se passera en Bourse de New York dans les prochains mois. Si l’ascension actuelle des indices boursiers américains semble irrésistible, on se rappellera que la roche tarpéienne est proche du Capitole.

Ceci ne signifie pas qu’il faut craindre un krach boursier mais qu’une correction est plus probable. Après les hausses des derniers mois, de grands investisseurs pourraient être tentés, prochainement, de mettre au moins une partie de leurs gains de côté, ce qui ferait baisser les cours. D’autant que la remontée, lente mais continue, des taux d’intérêt pourrait commencer à transformer les actifs sans risque en placements plus tentants…

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