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La sécurité, le nouveau maître-mot

©Nima Ferdowsi

En trois jours, l’Agence de la dette, qui agit pour le compte du ministère des Finances, a déjà récolté plus de 235 millions d’euros et, si l’opération se poursuit à ce rythme, on pourrait franchir la barre des 500 millions collectés d’ici mercredi, date de clôture de la souscription

Bruxelles (L'Echo) - Si l’on voulait un indice supplémentaire de l’inquiétude, confinant à la panique, qui s’est emparée des épargnants depuis le début de la crise bancaire, il suffit de se pencher sur le sort de la souscription de bons d’Etat lancée mercredi dernier.

En trois jours, l’Agence de la dette, qui agit pour le compte du ministère des Finances, a déjà récolté plus de 235 millions d’euros et, si l’opération se poursuit à ce rythme, on pourrait franchir la barre des 500 millions collectés d’ici mercredi, date de clôture de la souscription. Soit un résultat qui n’avait plus été engrangé depuis plus de dix ans !

Car ces dernières années, marquées par des taux d’intérêts élevés et un goût du risque prononcé, le bon d’Etat était devenu le parent pauvre des types de placement. En septembre dernier, soit juste avant l’éclatement de la crise bancaire, la dernière opération en date n’avait même pas rapporté 50 millions d’euros à l’Etat…

Trois mois plus tard, la vision du monde financier a fondamentalement changé. L’épargnant ne sait plus à quel saint se vouer : les actions sont en pleine déconfiture, la tendance des taux d’intérêt est à la baisse, les matières premières ont connu une décrue brutale, et des menaces pèsent sur l’immobilier. Quant aux produits proposés par les banques, ils ne suscitent pas actuellement une franche adhésion.

Dans un tel contexte, les bons d’Etat sont évidemment « le » placement sûr par excellence. Emis sous la houlette de l’Etat belge, ils offrent une garantie de type « absolu » puisque l’Etat ne risque pas de faire faillite. Même s’ils rapportent moins que, par exemple, les bons de caisse, qui ne sont pourtant pas eux-mêmes les placements les plus risqués.

Mais aujourd’hui, l’investisseur, petit ou grand, est tenu de réduire l’exposition au risque de son portefeuille et se tourne donc vers le placement qui l’inquiète le moins. Et désormais, il préfère jouer la sécurité.

Martine Maelschalck

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