La SNCB, grand corps malade

L’heure de vérité pour le rail belge.

D’après les comptes 2014 établis suivant les normes comptables belges, la restructuration, concrétisée par la fusion-absorption de l’ex-SNCB par la SNCB Holding pour créer la New SNCB (la SNCB) n’a pas donné lieu à des économies. Au contraire, elle a alourdi les pertes de près de 400 millions d’euros! Dès lors, l’une des raisons invoquées pour justifier la réforme de l’ancien groupe SNCB vient de prendre un sérieux coup dans l’aile.

Même si ce n’est qu’une écriture comptable, la réforme de l’ancien groupe ferroviaire ne donne pas les résultats escomptés. Pire encore, la nouvelle entité, lancée sur les rails depuis le 1er janvier 2014, s’est endettée, l’an dernier, auprès des banques de près de 226 millions d’euros supplémentaires, propulsant sa dette totale à près de 3,2 milliards.

Les économies imposées à la SNCB ne conduiront pas à une amélioration attendue des performances

Les Belges apparaissent d’ailleurs comme les dindons de la farce européenne, car aucun pays ne les a suivis sur la voie d’une réforme de leurs structures ferroviaires. La France et l’Allemagne ont elles peu ou prou gardé intactes leurs structures ferroviaires avec de bons résultats à la clé.

Plus que jamais, l’entreprise ferroviaire belge apparaît comme un grand corps malade, malgré les commentaires optimistes de ses dirigeants. Ses performances financières sont loin d’être au top. Les économies (-2,1 milliards sur les 5 ans) que le gouvernement fédéral veut imposer au nouveau système ferroviaire belge (la SNCB et Infrabel) risquent de ne pas conduire à une amélioration des objectifs. Au contraire, elles obligeront les sociétés à faire des choix qui, au final, n’attireront pas davantage d’usagers vers le rail. Elles risquent aussi de démotiver les cheminots.

De plus, ce n’est pas en coupant dans les compensations aux navetteurs pour cause de retard (dernière idée d’économie en date) qu’on va les séduire. C’est plutôt par un service de qualité. Mais l’avenir n’inspire pas confiance de ce côté-là. Car le service ne va certainement pas s’améliorer avec les économies qui vont obliger les dirigeants à revoir le plan pluriannuel d’investissement (PPI). À cette allure, la libéralisation (injustifiée) du transport national de voyageurs sera là que la SNCB ne sera pas prête pour l’affronter.

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