La solidarité ne suffit pas

Rédacteur en chef

Notre riche pays fait-il tout ce qui est en son pouvoir pour, à la fois, limiter les risques et agir au mieux en cas de crise? La solidarité aide grandement à se relancer après un drame, pour autant elle ne les prévient pas.

On dira que le sort s’acharne. Qu’après le covid, toujours bien là, des inondations hors norme nous tombent dessus, ravageant d’importants territoires de Wallonie et tuant à répétition. À un fléau s’en ajoute un autre. Une lassitude profonde se fait entendre, et on la comprend. L’empathie est grande.

Dans un cas comme dans l’autre, une belle solidarité, une formidable générosité s’expriment, l’une et l’autre réchauffent les cœurs. Ces élans d’entraide ont un puissant pouvoir réconfortant, et il est bon de les saluer. Mais ne nous arrêtons pas là. La solidarité aide grandement à se relancer après un drame, pour autant elle ne les prévient pas.

Covid assassin ou inondations meurtrières, ces événements violents jettent une lumière crue sur nos lacunes devant l’intérêt général.

Quand on est un pays aussi bien doté que le nôtre, s’en remettre à la solidarité ou au fatalisme n’est pas une option.

La pandémie nous a rappelé, dans la douleur, que la santé c’est aussi et d’abord la santé publique. C’est très bien d’être à la pointe de la technologie et de la compétence médicales, c’est fantastique de cultiver une recherche de premier plan et d’en tirer des traitements toujours plus poussés, mais si c’est pour se retrouver dépourvus face à une épidémie, c’est que nous avons perdu l’essentiel en cours de route.

De la même manière, les intempéries des derniers jours invitent aussi à s’interroger sur notre sens des priorités. En matière d’aménagement du territoire ou de services de secours tout particulièrement, agissons-nous avec bon sens et raison? Avons-nous une vue d’ensemble? Sommes-nous organisés et équipés comme il se doit? Face à la multiplication des chocs météorologiques, notre riche pays fait-il tout ce qui est en son pouvoir pour, à la fois, limiter les risques et agir au mieux en cas de crise?

Assurer efficacement des missions d’intérêt général telles que celles évoquées ici, ce n’est pas du luxe. C’est la base. Ce n’est pas une variable d’ajustement budgétaire, c’est ce qui permet à une population de vivre normalement, aux infrastructures de fonctionner normalement, aux entreprises de tourner normalement, etc.

On ne dit pas ici qu’il faut viser le risque zéro, ça n’existe pas. On dit que, les risques, ça se gère. Quand on est un pays aussi bien doté que le nôtre, s’en remettre à la solidarité ou au fatalisme n’est pas une option.

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