La spirale Francken

Rififi au Parlement

N’en déplaise à ses détracteurs, nombreux et bruyants, Theo Francken manie l’art de la communication avec une délectation visible. Le secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration n’a cessé, depuis que la N-VA l’a propulsé au gouvernement, de diviser l’opinion ou plutôt de chercher à la diviser. Une tactique du clivage profond et affirmé qui lui profite autant qu’à ses opposants.

Theo Francken n’aime rien tant que traiter le premier contradicteur venu de "gauchiste".

Theo Francken n’aime rien tant que traiter le premier contradicteur venu de "gauchiste", comme lesdits "gauchistes" s’amusent à tâter du point Godwin, en le traitant de nazillon et en le costumant de façon idoine. Le jeu est clair. Côté opposants, Francken est du pain bénit; côté Francken, plus les opposants hurlent, plus la cote de popularité du bonhomme grimpe… En deux mots, la spirale Francken.

Le disque tourne depuis trois ans. Commencerait-il à se rayer? Ou plutôt à tourner follement? Les derniers jours ont vu les dérapages se multiplier dans le chef du secrétaire d’État. L’affaire des Soudanais, sur laquelle il s’est braqué, témoigne plus d’une agitation de la muleta médiatique que d’une véritable gestion humaine d’un dossier migratoire. Son "recadrage" du Premier ministre relève de l’insolence gratuite, sinon idiote. Quant à ses atermoiements et imprécisions parlementaires, une nouvelle fois, se pose cette question d’une surenchère aux relents électoralistes. Sauf que le scrutin est prévu en 2019. Une éternité politique. À moins que la spirale Francken ne cache d’autres intentions? Tel un scrutin anticipé par exemple…

Dans ce vaudeville de mauvais goût (à gauche comme à droite), la besace à bourdes du secrétaire d’État embarrasse plus d’un membre du gouvernement. D’autant que les dernières nouvelles macro-économiques sont plutôt bonnes (le déficit de cette année s’approcherait de 1%) et sont éclipsées par le fantasque Francken. Reste à voir ce qui, à l’heure des bilans, sera la véritable marque laissée par Theo Francken. Une certitude: si le bulletin est mauvais, le jury ne sera qu’un ramassis de "gauchistes". Court mais diablement efficace.

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