La survie de la diplomatie

La diplomatie climatique à l’ombre de Trump...

Un bras de fer est en cours entre la politique de la table rase et la diplomatie. La crédibilité du dialogue comme outil de résolution des défis mondiaux est mise à mal par le chef de la première puissance militaire mondiale. Qui considère que la parole donnée par son pays dans le cadre multilatéral ne l’engage pas, déchirant avec une moue de satisfaction un accord essentiel pour la stabilité du Moyen-Orient. Qui se retire sans autre forme de procès du fragile Accord de Paris, ce château d’allumettes qui est le seul espoir pour l’humanité de contenir l’emballement climatique. Qui menace d’éradiquer un pays de la surface du globe (avant de parler de "moment de paix" quand il annonce une rencontre avec Kim Jong-un).

La diplomatie doit prouver que les spasmes américains n’ébranlent pas la recherche de solutions concertées.

L’actuelle Maison- Blanche semble voir les relations internationales comme un jeu à somme nulle, où elle ne gagne que si quelqu’un perd. Elle ne montre aucune considération pour la recherche du compromis, et semble en avoir assez peu pour les intérêts majeurs de ses alliés.

Les relations internationales sont, bien sûr, une affaire de rapports de force, mais ceux-ci devraient être canalisés par une diplomatie qui cherche des solutions mutuellement acceptables. Les négociations climatiques, dont Donald Trump a claqué la porte en juin dernier, sont une illustration unique de ce qu’elle peut tisser. Voilà un forum dans lequel les États regardent dans la même direction, où la culture de l’écoute est vitale, où l’on pose patiemment les pavés d’une voie qui doit mener à la décision collective.

Le retrait américain de l’Accord de Paris n’en a, pour l’heure, pas modifié la dynamique. Mais elle reste fragile, comme l’a montré la semaine de négociation difficile qui vient de s’écouler à Bonn. Fourmis discrètes et obstinées, les négociateurs cherchaient à préparer le cadre censé mettre l’Accord en musique. Leur travail n’a pas porté ses fruits, il leur faudra faire mieux en vue de la Conférence de Katowice, en décembre, où la partition doit être adoptée. C’est une nouvelle bataille pour le climat, mais aussi pour la diplomatie, qui doit prouver que les spasmes américains n’ébranlent pas la recherche de solutions concertées aux problèmes du monde.

 

©Debby Termonia

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