La tradition de l'autoflagellation

Discours sur l’état de santé de la Wallonie.

L’examen de l’état de santé de la Wallonie tenu par le ministre-président Willy Borsus au Parlement wallon mercredi avait de quoi plomber l’ambiance! Devant les députés wallons, le ministre-président libéral a dépeint une Wallonie morose, en retard sur de nombreux fronts par rapport à la Flandre et ses principaux voisins. Le tableau est noir! Il est dur!

Les propos contrastent aussi avec ceux tenus par son prédécesseur Paul Magnette il y a un an. Car là où le socialiste parlait d’un rattrapage économique enclenché, son successeur libéral tape sur le retard qui ne s’est pas résorbé en 10 ans en termes de chômage, de taux d’emploi, de lutte contre la pauvreté. La Wallonie aurait même 14 ans de retard par rapport à la Flandre en matière de PIB par habitant.

La Wallonie entretient avec la relance économique une tradition qui oscille entre l’art de l’autoflagellation et le désarroi.

C’est d’autant plus flippant que depuis 20 ans, la Wallonie entretient avec la relance économique une certaine tradition qui oscille entre l’art de l’autoflagellation et le désarroi. Les ministres-présidents wallons se succèdent, les plans de relance se suivent, des termes prononcés par les leaders politiques comme "frémissement" ou "soubresaut" s’entrechoquent, et tout semble pourtant être un éternel recommencement déprimant.

D’un plan Marshall à ses avatars, voici maintenant venu le temps du "Waldeal". Willy Borsus a ainsi ponctué son discours au Parlement en appelant l’ensemble des forces vives et la société civile du sud du pays à se mobiliser une nouvelle fois pour affronter la situation économique et redresser la Wallonie.

Willy Borsus est cependant resté assez discret sur la façon dont il comptait mener à bien son nouveau deal. Tout comme ses prédécesseurs, il est retombé dans les travers des derniers plans de redressement qui se résument à une série de mesures sans véritables objectifs chiffrés.

L’urgence pointée par le ministre-président vaut pourtant plus qu’une énumération de promesses qui pourraient être décrites par ses opposants comme des engagements électoralistes. Sans quoi, la Wallonie n’en aura jamais fini avec ses plans!

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