La vaccination des soignants, une obligation morale

Newsmanager

Imposer la vaccination au personnel des maisons de repos et des hôpitaux serait en principe souhaitable. Mais c’est difficilement praticable.

La vaccination est insuffisante parmi les soignants et le personnel d’encadrement des hôpitaux et des maisons de repos. À Bruxelles, dans certains établissements, on ne dépasse même pas la moitié de vaccinés. À tel point que le débat enfle, en Belgique comme en France, sur la nécessité d’y imposer la fameuse piqûre.

Cette insuffisance vaccinale, c’est d’abord un constat d’échec des campagnes incitatives menées jusqu’ici. Bien sûr, il ne s’agit nullement ici d’accabler les personnes qui refusent cette vaccination. On peut admettre, comme pour tout un chacun, les hésitations, les questions, les doutes. Mais, au final, leur refus est difficilement compréhensible. Ce personnel – dont on saluera encore une fois ici le courage, l’abnégation et la mobilisation tout au long de la pandémie – a été aux premières loges pour voir les dégâts engendrés par le virus. Une partie d’entre eux a même pour vocation directe de soigner et de favoriser la santé. Formés aux connaissances scientifiques médicales, les soignants devraient être imperméables aux arguments fallacieux des "antivax". Au final, il faut marteler une fois encore que, globalement, les vaccins présentent un rapport risques/bénéfices très largement favorable.

Les soignants devraient être imperméables aux arguments fallacieux des "antivax".

Faut-il aller jusqu’à imposer une obligation ciblée pour les soignants et les encadrants? La liberté de choisir doit rester la règle générale. Mais par principe, il ne nous semble pas inapproprié, d’un point de vue éthique, qu’une obligation soit appliquée à cette catégorie spécifique. C’est leur devoir, leur métier, de ne pas mettre en danger les autres. Or, les patients dont ces personnes s’occupent sont, par définition, les plus fragiles et les plus vulnérables. La contrainte n’apparaît pas disproportionnée en tant qu’obligation professionnelle. C’est à la fois une question de solidarité et d’exemple à donner à tous les citoyens.

Pour autant, une véritable obligation légale peut présenter des effets secondaires : le risque est de démotiver certaines personnes, voire de décourager, à terme, des vocations. Et une obligation n’a de sens que si des sanctions sont prévues pour ceux qui ne la respectent pas. Or, en l’occurrence, elles apparaissent peu praticables. On peut difficilement écarter des infirmières réfractaires au vaccin alors qu’on en manque déjà cruellement…

Voilà pourquoi la persuasion reste le meilleur remède. Le variant Delta progresse rapidement et fait poindre la menace d’une nouvelle vague épidémique. Ne tergiversons plus en croyant pouvoir y échapper. Il faut immédiatement redoubler d’efforts, dans chaque institution, pour convaincre ces réfractaires. C’est un enjeu de santé publique.

Lire également

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés