La Vivaldi doit démontrer sa plus-value

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Après avoir, pour l’essentiel, géré la crise sanitaire, le gouvernement De Croo doit changer de braquet et lancer des réformes ambitieuses.

"En 2030, année du bicentenaire, la Belgique pourrait apparaître en Europe comme un modèle de dynamisme économique, de solidarité efficace et de développement durable." Cette phrase, inscrite au cœur de l’accord du gouvernement De Croo, résume ses promesses et montre l’ampleur de ses défis.

Petit flash-back. Fin septembre 2020, la Vivaldi naît au bout d’une interminable crise politique. Elle est constituée de sept partis aux intérêts et aux programmes antagonistes, minoritaire en Flandre où elle est mal acceptée. Depuis lors, la gestion de la crise sanitaire a, fort logiquement, accaparé l’essentiel de son énergie, même si on épinglera aussi la mise en route du plan de relance.

Jusqu’ici, la Vivaldi n’a pas brillé par sa cohésion, ses divergences s’étalant régulièrement sur la place publique. La nature hétéroclite de la coalition l’explique. Ce n’est pas idéal, mais ce n’est pas trop grave tant que cela ne paralyse pas l’action gouvernementale.

Aujourd’hui, un an plus tard, les dossiers chauds s’accumulent. Il y a d’abord les aides d’urgence aux entreprises (droit passerelle, chômage temporaire). Alors qu’elles expirent au 30 septembre, plaidons ici pour une prolongation ciblée de ces mesures.

Le gouvernement fédéral doit enclencher les changements structurels et concrétiser ce projet de transformation du pays qu’il entendait incarner.

Puis, le gouvernement fédéral doit enclencher les changements structurels et concrétiser ce projet de transformation du pays qu’il entendait incarner. Ainsi, les réformes des pensions et du marché de l’emploi doivent à la fois assurer la soutenabilité de notre système de retraite, introduire davantage d’équité et de clarté ainsi que permettre d’atteindre un taux d’emploi de 80% dans une petite décennie. On attend de vraies réformes, d’envergure. À côté du plan de relance, il faut oser discuter d’un plan d’investissements additionnels. Le tout dans un cadre budgétaire qui reste dans une trajectoire responsable. L’objectif reste de contenir le déficit public entre 3 et 4% du PIB à l’horizon 2024.

Par ailleurs, le gouvernement doit entériner la sortie du nucléaire et assurer la transition vers davantage de renouvelable avec une ligne rouge : ne pas mettre en danger l’approvisionnement énergétique du pays. Enfin, tout aussi importante, la grande réforme fiscale est attendue un peu plus tard, début 2022.

En somme, la Vivaldi doit démontrer sa plus-value, elle doit prouver qu’elle est davantage qu’une coalition de bric et de broc. Faute de quoi l’ambition énoncée d’une Belgique modernisée résonnera comme son épitaphe ironique.

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