La Wallonie doit (re)trouver de la fierté

Joan Condijts

La Région wallonne est en train de renaître des cendres de ses bassins industriels, trop longtemps restés en friche. Mais pour tirer profit de leurs atouts, les Wallons doivent retrouver la fierté qui caractérisait leur âge d'or.

Le temps presse. En 2019 débutera la dernière législature pleine durant laquelle la solidarité interne au Royaume jouera. La décennie qui suivra cette échéance verra les transferts entre le Nord et le Sud du pays progressivement diminuer pour n’être plus, dans les années 30, qu’un vague souvenir… La Wallonie dispose donc de cinq bonnes années pour accélérer le mouvement. Non que rien n’ait été fait.

Une chose essentielle manque cependant afin de transformer ce redémarrage en succès assuré. Un état d’esprit.

Depuis l’effondrement des grands bassins industriels qui faisaient et la fierté (on y reviendra) et la richesse de la région, après une période d’abattement et d’atermoiements compréhensibles, et à la faveur (sinon à cause) de la fédéralisation de l’État, la Wallonie s’est reprise. Les gouvernements régionaux ont successivement élaboré des plans de relance économique qui permettent de regarder le futur avec davantage d’optimisme que ne le permettaient les dernières années du siècle échu. Le taux de croissance de l’emploi au sein des PME, soit l’essentiel du tissu économique wallon, est supérieur à la moyenne nationale. Le taux de survie des entreprises est en croissance…

Le redressement est amorcé. Mais l’ampleur de la tâche est encore grande. Même s’il s’améliore, le taux de chômage demeure élevé et surtout préoccupant chez les jeunes (largement supérieur à 20%). Le nombre de PME par habitant se révèle également trop faible. Et parallèlement, le taux d’emplois publics reste à un niveau supérieur à la Flandre (environ 20% contre 15%).

La Wallonie dispose néanmoins d’atouts importants. L’espace notamment: plus de 2.000 friches industrielles représentant près de 4.000 hectares sont par exemple "mobilisables". Des moyens aussi: les capitaux existent pour les projets prometteurs – même si les deniers publics sont surreprésentés.

Une chose essentielle manque cependant afin de transformer ce redémarrage en succès assuré. Un état d’esprit. Cette fierté évoquée plus haut, celle de créer, de briller, de grandir. Celle d’oser. Trop de timidité, trop de pusillanimité. Souvent. L’ambition d’innover, de réussir un projet n’imprègne pas suffisamment cette région qui présente pourtant des atouts certains.

Dans ce contexte, L’Echo veut apporter sa contribution à l’émergence d’une conscience entrepreneuriale plus forte, d’une ambiance plus propice à la créativité. C’est pourquoi, dès ce week-end, nous lançons une vague faite de rencontres avec ces entrepreneurs qui font bouger la Wallonie avant de partir à la découverte de pépites méconnues qui font rayonner la Région dans le monde. Surtout, nous avons demandé à un artiste de peindre sur la façade d’une usine carolorégienne désaffectée trois portraits de ces entrepreneurs (à voir sur www.lawallonieentreprend.be). Trois ambassadeurs de cette Wallonie en devenir qui émergent d’un symbole de cette Wallonie du passé. Un état d’esprit.

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