La Wallonie va devoir s'accrocher

Au pied du mur, la Wallonie doit viser juste avec son plan de relance si elle veut respecter ses échéances financières et créer de la croissance.

Il faut être de bonne composition. Avec la crise du covid et les inondations, le gouvernement wallon a joué à fond la carte de la solidarité. C'est bien normal. Et quand l’argent n’était pas disponible pour venir en aide aux entreprises dont l’activité s’est stoppée avec le confinement, ou pour répondre à la détresse de citoyens qui ont perdu leur habitation à la suite des inondations de la mi-juillet, le gouvernement wallon est allé chercher en urgence de l’argent sur les marchés financiers. Il a tout simplement répondu présent!

Il y a malheureusement toujours un revers. Le sud du pays doit maintenant remettre de l’ordre dans ses finances et surtout sortir de zone rouge une dette qui a quasiment doublé ces dix dernières années, pour atteindre 31,2 milliards fin septembre.

Si la problématique de l’endettement wallon n’est pas neuve, elle ne peut plus être passée sous silence. Réduire le déficit public à 1% des recettes à partir de 2022, comme vient de le décider le gouvernement wallon, représentera une économie annuelle de 150 millions. C’est un début, mais face au passif colossal et aux échéances qui attendent la Région, on s’interroge...

"La Wallonie va devoir s’accrocher. Elle fait aujourd'hui le pari de ne pas relever l’impôt pour ne pas casser la relance."

Aux 150 millions à économiser s’ajoutera la fin des transferts entre le nord et le sud du pays à partir de 2024. Soit 60 millions en moins chaque année. Il faudra également tenir compte des prêts que la Wallonie devra rembourser au fédéral à partir de 2025 ou au secteur des assurances à partir de 2024. L’un dans l’autre, c’est ainsi 0,4% de la croissance du PIB wallon qui va devoir être mobilisé chaque année pour rembourser toutes ces charges financières. Et on ne parle même pas de la charge de la dette à tenir à l’œil, ni des taux d’intérêts qui risquent de remonter.

La Wallonie va devoir s’accrocher. Elle fait aujourd'hui le pari de ne pas relever l’impôt pour ne pas casser la relance. Cela se tient mais cela va indiscutablement nécessiter de faire des choix et l’obliger de viser juste avec son plan de relance afin de créer de la croissance supplémentaire et des recettes.

Pour obtenir ce retour sur investissement, la Wallonie n'a plus le choix et il y a urgence. Elle doit booster sa formation, activer son marché de l’emploi, réactiver les demandeurs d'emploi, refinancer l’innovation, encourager l’entrepreneuriat, attirer l'investissement extérieur et créer de la croissance durable... Bref, elle doit se réformer au pas de course! Au pied du mur, elle est quasi obligée de gagner ce pari si elle veut éviter un saut vers l’inconnu en 2024.

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