Le "Big One" de l'audit

La Commission européenne n'aime pas les oligopoles et encore moins les monopoles.

Les sociétés d’audit constituent des acteurs importants dans le monde financier. Des acteurs qui peuvent parfois s’avérer fragiles. Les "Big Five" ne sont plus que quatre (KPMG, Ernst and Young, PwC, Deloitte) depuis le démantèlement de la firme Arthur Andersen en 2002. Ce démantèlement avait créé un véritable tremblement de terre dans le secteur. Arthur Andersen avait été accusé d’avoir détruit des documents compromettants dans le dossier Enron, accusations qui avaient provoqué un départ en masse de ses clients, plaçant la firme au pied du mur.

Mais jusqu’en 1987, les "Big de l’audit" étaient encore huit, avant une transformation du paysage via différentes fusions.

Voici trois ans, la Commission avait tiré une première fois la sonnette d’alarme, indiquant qu’à terme, le secteur pourrait éventuellement se limiter à un "Big One". À l’époque, la Commission européenne s’inquiétait des recours croissants à l’égard des sociétés d’audit, recours susceptibles de les fragiliser voire de les faire disparaître. Ainsi Deloitte s’était finalement résigné à passer à la caisse pour éteindre les poursuites judiciaires engagées contre lui après la découverte en 2003 d’un trou de 14 milliards d’euros dans les comptes de Parmalat. 

La Commission n’apprécie pas les oligopoles et encore moins les monopoles. Dans le cas des firmes d’audit, cette situation oligopolistique répond à la couverture internationale de ces firmes, elle-même résultat de la mondialisation des activités des clients. Reste que la Commission a sans doute raison de poser certaines questions: les auditeurs sont-ils suffisamment indépendants pour remettre en cause les usages d’une société? Les investisseurs se fient-ils trop aux audits? Le parallèle avec les trois grandes agences de notation (Moody’s, S & P, Fitch) est frappant. Mais dans le cas de ces agences, leur caractère monopolistique est encore plus flagrant, tout comme l’extrême dépendance des investisseurs à leurs opinions. Or jusqu’ici, on ne peut pas vraiment affirmer que l’intervention européenne a chamboulé le secteur. Que du contraire.

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