Le brasseur a toujours soif

Journaliste

La frénésie d’achats raisonnée d’AB InBev

"Ils sont fous!" "Il leur faut toujours plus…" Deux des réflexions qui ont jailli en réunion de rédaction après l’annonce de l’intention d’AB InBev de reprendre SABMiller. Pourquoi vouloir être plus grand encore, alors que le belgo-brésilien domine déjà le marché mondial de la bière de la tête et des épaules?

"La taille n’a jamais été notre motivation pour croître."
Carlos Brito
CEO d’AB InBev

Dans une récente interview à la presse belge, son CEO Carlos Brito avait affirmé: "La taille n’a jamais été notre principale motivation pour croître." Dans la foulée, il avait cité quatre raisons pour continuer d’effectuer des acquisitions: reprendre les concurrents peu efficients pour faire mieux qu’eux avec le même matériel; compléter son empreinte "marchés"; compléter son portefeuille de marques et offrir à ses collaborateurs de nouvelles opportunités. On peut sans doute appliquer les quatre au cas SABMiller, mais on ne nous empêchera pas de penser que les grands actionnaires brésiliens d’AB InBev, MM.Lemann, Telles et Sicupira, caressent aussi d’autres motivations. Après avoir pris une sorte de revanche sur Anheuser-Busch, qui les avait snobés dix ans plus tôt, en rachetant l’américain en 2008, ils semblent animés du désir de trôner au sommet des classements mondiaux. Être n°1 du secteur brassicole, c’est très bien, mais on peut mieux faire encore, par exemple en grimpant à la 7e place des plus grands groupes de biens de consommation et en entrant dans le top 10 des capitalisations boursières. "Être le meilleur de la classe est notre ambition", avait aussi déclaré l’an dernier Carlos Brito. Restait à définir le périmètre de la classe… On sait désormais qu’il s’agit non pas d’une classe ni d’une école, mais du plus grand des collèges, le marché mondial. Avec des Belges à bord, qui demeurent et demeureront premiers actionnaires de l’ensemble, devant les Brésiliens. Dans cette course au(x) sommet(s), on croise les doigts pour que les pilotes conservent la Belgique comme base. Cela dépendra peut-être de considérations fiscales et juridiques: points où notre pays peut lui aussi encore mieux faire…

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