Le budget: levier communautaire

©Nima Ferdowsi

En plein mois d'août, le ministre fédéral du Budget Guy Vanhengel sonnait l'arme: «la Belgique est en faillite virtuelle». Logique avec lui-même, Vanhengel réclame aujourd'hui une restructuration, c'est-à-dire une réforme de l'État sans laquelle la Belgique ne pourra, dit-il, retrouver un équilibre budgétaire.

Bruxelles (L'Echo) - En plein mois d'août, le ministre fédéral du Budget Guy Vanhengel sonnait l'arme: «la Belgique est en faillite virtuelle». Que fait-on pour éviter le dépôt de bilan? On restructure.

Logique avec lui-même, Vanhengel réclame aujourd'hui cette restructuration, c'est-à-dire cette réforme de l'État sans laquelle la Belgique ne pourra, dit-il, retrouver un équilibre budgétaire. Argument: le Fédéral cède tant de recettes aux entités fédérées, que le financement de ses missions sociales devient intenable.

On notera toutefois que les dotations sont liées à la croissance et à l'inflation. Les bonnes années, elles progressent donc a priori moins vite que les recettes fiscales... En outre, fiscalement, les embellies économiques des Régions profitent surtout au Fédéral. Mais admettons que cela ne compense pas les coûts du vieillissement, quasi exclusivement à charge de l'État.

Il ne faudrait cependant pas se laisser leurrer par le discours d'apparence rationnelle et chiffrée sur la réorganisation des flux financiers entre les entités belges. Ce dossier ne peut être qu'explosif. Il suffit de regarder les données de l'équation pour s'en convaincre: le Fédéral et Bruxelles ont besoin de moyens supplémentaires; la Wallonie et la Communauté française ne réclament rien mais n'ont pas grand chose à céder non plus; la Flandre est en mesure de dégager des surplus dès 2012.

Conclusion:  la Région la moins attachée à la survie du pays devrait, à elle seule ou presque, apporter à l'État fédéral les moyens dont il a besoin. Difficile de trouver un meilleur levier de négociation pour obtenir d'importants transferts de compétences (y compris dans le domaine social, puisqu'on parlera des pensions), la scission d'un arrondissement électoral etc.

Van Rompuy a un an et demi pour dégoupiller la grenade. Car le gouvernement flamand n'attend pas : il entend utiliser au plus tôt ses marges pour grignoter des compétences fédérales, par exemple en matière d'allocations familiales.

Christophe De Caevel

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