Le chemin de l'innovation sera encore long

Journaliste

Malgré des progrès dans certains secteurs, la capacité d'innovation reste trop faible en Wallonie, comme le révèlent les demandes de brevets.

La Wallonie reste sous-représentée en matière de demandes de brevets, qui constituent un bon indicateur du dynamisme économique d'un pays, selon les chiffres dévoilés mardi par l'Office européen des brevets (OEB). Comme les années précédentes, les acteurs wallons, qu'il s'agisse d'entreprises ou d'institutions publiques, restent absents du top dix des déposants belges. En revanche, la Flandre place deux universités et deux centres de recherche dans cet index. Une performance unique en Europe.

Cette lacune peut sembler étonnante dans la mesure où le sud du pays abrite quelques fleurons aéronautiques de belle taille et connaît dans le même temps un épanouissement sans précédent de son industrie biopharmaceutique. Elle s'explique par certaines spécificités de ces deux secteurs. Notamment des temps de développement parfois particulièrement longs, qu'il s'agisse des médicaments ou des programmes aérospatiaux. Ou encore le grand nombre de PME présentes dans les sciences du vivant, qui se focalisent sur deux ou trois projets tout au plus.

On aimerait voir apparaître régulièrement dans ce classement plusieurs champions wallons.

Rappelons aussi que les demandes de brevet ne sont qu’un des paramètres de l'intensité de l'innovation. Selon la fédération sectorielle essenscia, la Wallonie et Bruxelles investissent annuellement 2,6 milliards en recherche et développement dans la chimie et les sciences du vivant. Plus de 7 millions par jour. Un score plutôt honorable.

Il n'empêche. On aimerait voir apparaître régulièrement dans ce classement plusieurs champions wallons qui cumuleraient un chiffre d'affaires confortable, une forte capacité d'innovation et une aptitude à innerver l'économie du sud du pays, que ce soit en emplois ou en créations de spin-outs. Ces dernières années, seul le groupe pharmaceutique UCB - dont le siège est à Bruxelles, mais qui possède un important centre dans le Brabant wallon - s'est régulièrement glissé parmi les dix premiers de classe en matière de brevets.

Une grosse part des investissements de recherche étant assurée en Belgique par les entreprises, la Wallonie doit donc faire grandir ses pépites si elle veut devenir une véritable région innovante. La Région doit également se poser la question de la performance de ses universités, mais surtout s'interroger sur la pertinence de faire émerger - même en modèle réduit et éventuellement dans d'autres domaines - des équivalents de l'Institut flamand de recherche en biotechnologie (VIB) ou de l'Institut de micro-électronique et composants (Imec). Des initiatives qui figurent dans la plupart des projets wallons de développement de ces dernières décennies, mais restées jusqu'ici lettre morte.

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