Le coup de poker de Mario Draghi

La BCE a annoncé de nouvelles mesures.

Mario Draghi va terminer son mandat comme il l’avait entamé: en misant gros. Il y a un peu plus de huit ans, à peine installé à la présidence de la Banque centrale européenne, le patron de la politique monétaire de la zone euro avait entamé une longue série de baisses des taux directeurs, alors que ceux-ci n’avaient plus diminué depuis deux ans et demi. Le pari de l’époque consistait à éviter le risque de déflation qui commençait à se préciser.

Baisse de taux et achats d’actifs sans limite dans le temps, avec un coup de pouce aux banques: Mario Draghi a fait tapis.

Quelques mois plus tard, alors que la zone euro risquait d’imploser à cause de l’endettement excessif de certains de ses États membres, Mario Draghi avait abattu une nouvelle carte: celle de la promesse que la BCE ferait tout ce qui est nécessaire pour préserver l’euro.

En janvier 2015, le président de la Banque centrale européenne avait augmenté la mise en lançant un programme d’achat d’actifs inédit. Objectif: relancer la croissance économique pour soutenir l’inflation.

Mais ces trois premiers tours n’ont pas suffi. Si la déflation a été évitée, si la zone euro a été préservée, la croissance stagne à nouveau et l’inflation n’a pas atteint l’objectif. La partie n’est donc pas finie. Le stress monte. De quoi pousser Mario Draghi à jouer son va-tout: la BCE vient d’annoncer une baisse de taux et de relancer ses achats d’actifs, le tout sans fixer de limite dans le temps. L’institution gardienne de l’euro a également décidé d’assortir ses prêts à long terme aux banques de conditions plus favorables et de prévoir une exonération de taux négatif pour une partie des dépôts bancaires.

C’est ce qui s’appelle faire tapis. Quand Mario Draghi cédera sa place à la table de la BCE à Christine Lagarde, il n’aura plus le moindre atout à lui transmettre. Après ce coup de poker, si la chance ne sourit pas à la BCE dans les prochains mois, on voit mal quelle carte elle pourrait sortir de sa manche. Draghi a gardé la main pendant tout son mandat mais si ça ne réussit pas, il faudra une nouvelle donne: ce sera alors aux États de jouer…

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