Le coût du climat

Rédacteur en chef adjoint

La violence météorologique nous rappelle qu'il nous faut réagir. Que nos sociétés doivent s'adapter et se transformer pour contrer les effets du changement climatique. Le coût financier est élevé. Mais il est moindre que le coût de l'immobilisme.

Les images d’apocalypse qui ont défilé ces derniers jours, ces dernières heures, nous placent à nouveau devant cette brutale réalité : la colère des éléments a un coût. Un coût humain d’abord, avec ces morts qu’une société moderne comme la nôtre aurait dû épargner ; avec ces victimes qui pleurent leur maison saccagée, leur voiture emportée ; avec ces agriculteurs dont les terrains subissent une nouvelle fois les affres d’un climat convulsif. La science hydraulique exige un délicat équilibre entre la nature et sa domestication par l’être humain. Les derniers événements et leurs conséquences nous montrent combien cette cohabitation peut se retourner contre nous. De manière violente.

Face à notre fragilité, nous ne pouvons que réagir. Mais notre maîtrise des éléments devra passer par un autre coût, financier celui-là : celui de l’adaptation et de la transformation de notre société face à un changement climatique qui, d’année en année, se rappelle à nous de manière toujours plus régulière et intense.

Le coût financier de la lutte contre le changement climatique fait débat aujourd’hui. Mais il est à comparer à celui des morts et des victimes d’événements météorologiques toujours plus destructeurs.

L’adaptation, c’est la protection des plus fragiles ; c’est aussi l’ajustement contrôlé de notre agriculture, en plein bouleversement ; c’est la gestion intelligente de l’eau dont la disponibilité est capricieuse, ballotée entre sécheresses et pluviométries diluviennes. Mais au-delà de cette adaptation, nous avons fait le pari de nous transformer, misant sur un changement de nos modes de vie pour influer sur le destin climatique de la planète. Le plan climat européen présenté mercredi en est un nouveau pilier.

Ce coût financier fait débat aujourd’hui, car il est élevé et nous n’en maîtrisons pas encore toute la portée. Mais il est à comparer à celui de l’immobilisme, à celui des morts et des victimes d’événements météorologiques toujours plus destructeurs. Certes, notre vie sera chamboulée. Nous ne nous nourrirons plus, ne nous logerons plus, ne nous chaufferons plus, ne nous déplacerons plus de la même façon. Et ces changements apporteront leur lot d’aléas financiers. Mais nous en dirigerons nous-mêmes l’agenda, là où la grêle, l’orage, la sécheresse peuvent s’abattre sur nous à tout moment ; et tuer, assécher, inonder sans crier gare.

C’est ce monde maîtrisé que nous devons léguer à nos enfants et petits-enfants. Pour leur montrer qu’avec inventivité et foi en l’avenir, l’être humain peut se transformer et améliorer son environnement. Pour leur montrer, littéralement, qu’il n’est pas né de la dernière pluie.

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