Le crowdfunding, aubaine à risque

Journaliste

Le financement participatif devient crédible.

A l’heure où l’économie s’"ubérise", le financement participatif commence enfin à se déployer en Belgique. A ce jour, la première plateforme belge de crowdfunding (actions) a déjà permis d’irriguer en capitaux 52 starters, tandis que la première plateforme de crowdlending (prêts), Look & Fin, en est à 42 jeunes entreprises financées. Mais les montants levés restent maigres: 15 millions d’euros pour MyMicroInvest (MMI) depuis sa création, 5 millions pour Look & Fin.

Pour le particulier qui souhaite investir en crowdfunding, la présence de co-investisseurs professionnels garantit la pertinence du projet.

Hier soir, MMI a placé la barre un peu plus haut en se proposant de lever un million lors d’une séance "live" (lire en page 4). Histoire de montrer que la formule n’est pas limitée aux petites injections de 100 à 300.000 euros. Histoire aussi de financer le développement de la plateforme MMI elle-même sur le marché européen, une étape indispensable pour couvrir un marché suffisamment large, dégager des économies d’échelle et multiplier les connexions entre les porteurs de projets.

Pour les jeunes entrepreneurs, le "crowd" représente une aubaine. C’est une nouvelle source de capital d’amorçage et de premiers développements à laquelle s’abreuver alors que les banquiers se montrent frileux et que les fonds de private equity préfèrent ferrer de plus gros poissons. Elle a donc toute sa place dans la panoplie. Pour les investisseurs, c’est un nouvel instrument intéressant, mais à manier avec précaution.

Ces starters ont en effet les défauts de leur jeune âge, à commencer par leur rentabilité, qui reste le plus souvent à l’état de promesse à un horizon de trois ans ou plus. Ce type d’investissement présente un risque élevé: rien à voir avec les sociétés cotées qui sont entrées en Bourse "lestées" de nombreuses années de bénéfices et de dividendes. Pas une raison pour le particulier de s’abstenir, mais bien d’y aller progressivement, en limitant ses mises et, quand c’est possible, en suivant les avis de co-investisseurs professionnels.

 

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